L’Égypte a lancé, le 31 octobre 2026, la production locale de la MAGE EV, un modèle électrique de la marque chinoise Dongfeng, assemblé dans les usines publiques d’El Nasr Automotive. Le projet affiche un taux d’intégration locale pouvant atteindre 45%, avec une commercialisation prévue au premier trimestre 2027.
Le véhicule est produit dans le cadre d’un partenariat associant El Nasr Automotive, SN Automotive, représentant local de Dongfeng, et le groupe égyptien Al-Safi. Présentée comme une première pour la production locale de voitures particulières électriques, cette initiative repose sur la remise à niveau des installations industrielles d’El Nasr, notamment ses lignes d’assemblage, de soudage et de peinture. L’enjeu dépasse la mise sur le marché d’un nouveau modèle. Pour les industriels égyptiens, l’objectif est de développer progressivement un réseau de fournisseurs locaux, de réduire la dépendance aux véhicules importés et de capter davantage de valeur dans une filière automobile en pleine transformation. Le défi sera notamment d’augmenter la part des composants fabriqués dans le pays, au-delà des opérations d’assemblage.
D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Égypte a enregistré environ 7 900 ventes de voitures électriques neuves en 2025, contre 5 500 au Maroc et 3 800 en Afrique du Sud. Le pays est ainsi devenu le premier marché africain dans ce segment. Les immatriculations confirment cette évolution. D’après les données de l’agence statistique égyptienne CAPMAS, reprises par Egypt Oil & Gas, le nombre de véhicules électriques immatriculés est passé de 3 244 en 2023 à 8 560 en 2024, soit une progression d’environ 164%. Leur poids reste toutefois limité à 0,08% du parc automobile immatriculé cette année-là.
Le potentiel de croissance est donc important, mais le développement du marché dépendra aussi de la capacité à proposer des véhicules accessibles et à renforcer les infrastructures de recharge. Le gouvernement égyptien ambitionne de porter la part des voitures électriques particulières à 50% du marché automobile national d’ici 2040.









