Un financement de 111,5 millions d’euros destiné à moderniser le réseau d’eau potable du Grand Tunis franchit une nouvelle étape institutionnelle. Réuni lundi, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a décidé de soumettre à la commission des finances et du budget, pour examen en urgence, un projet de loi portant approbation de la convention de garantie conclue entre la Tunisie et la Banque africaine de développement (BAD).
Selon l’exposé des motifs, le projet représente un investissement global de 151,1 millions d’euros. Il sera financé principalement par le prêt de la BAD, complété par un don de 30 millions d’euros de l’Union européenne et une contribution de 9,6 millions d’euros de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).
Prévu sur la période 2026-2031, ce programme vise à améliorer durablement les performances du réseau de distribution d’eau potable dans la capitale et sa banlieue. Il repose essentiellement sur la réduction des pertes d’eau et des fuites, l’optimisation de la consommation énergétique des installations ainsi que la modernisation des outils de contrôle et de gestion à distance des infrastructures.
Pour atteindre ces objectifs, le projet s’articule autour de quatre composantes. La réhabilitation des réseaux d’adduction et de distribution constitue le principal poste d’investissement, avec une enveloppe de 92,9 millions d’euros. La modernisation énergétique mobilisera, quant à elle, 24,6 millions d’euros, tandis que 18,6 millions d’euros seront consacrés à la digitalisation de la gestion du réseau et au déploiement de systèmes intelligents. Enfin, 15 millions d’euros seront réservés au renforcement des capacités techniques de la Soneds pour assurer la gestion et le suivi du programme.
Sur le terrain, les interventions porteront notamment sur la réhabilitation de 25 kilomètres de conduites d’adduction et de 113 kilomètres de réseaux de distribution, en ciblant en priorité les tronçons les plus dégradés. Le dispositif prévoit également le renforcement des moyens de détection des fuites et la mise en place d’un système centralisé permettant de superviser et de gérer les réseaux à distance.
La transformation numérique occupera également une place importante dans ce programme, avec l’installation de 120 000 compteurs intelligents qui seront connectés au système d’information commercial de la Sonede. En parallèle, le volet énergétique prévoit le recours aux énergies renouvelables, notamment à travers l’installation de panneaux photovoltaïques sur les sites de Ghedir El Golla et de Mornaguia.
Sur le plan financier, le prêt de la BAD sera remboursable sur une période de 20 ans, assortie d’un délai de grâce de cinq ans. Son taux d’intérêt sera variable et calculé sur la base de l’Euribor à six mois, majoré d’une marge de 0,8%. Le financement sera également soumis à deux commissions de 0,25% chacune, au titre de l’ouverture et de l’engagement.









