La Russie a délivré 361 115 visas électroniques entre le 1er janvier et le 12 octobre 2026. Un chiffre qui témoigne de l’utilisation croissante de ce dispositif par les voyageurs étrangers et qui intervient alors que Moscou envisage d’en revoir les conditions. Un projet de loi du ministère russe des Affaires étrangères prévoit notamment de porter à 45 jours la durée maximale du séjour, contre 30 actuellement, tout en modifiant les modalités d’entrée sur le territoire.
L’Allemagne figure en tête des pays d’origine des demandeurs, avec 57 233 visas délivrés, suivie de la Turquie (55 818), de l’Inde (37 814), de la Chine (30 922) et de l’Estonie (20 391). Ces données, communiquées par Alexeï Klimov, directeur du département consulaire du ministère russe des Affaires étrangères, donnent un aperçu de la diversité des voyageurs qui recourent à cette procédure. C’est dans ce contexte que les autorités russes souhaitent faire évoluer le visa électronique unifié. Le projet de loi, publié sur le portail officiel des projets d’actes réglementaires, propose de modifier l’article 25.16-1 de la loi fédérale n° 114-FZ du 15 août 1996, relative aux conditions d’entrée et de sortie de la Fédération de Russie.

Le changement le plus significatif porte sur la durée d’utilisation du document. Depuis le 23 août 2025, le visa est valable 120 jours à compter de sa délivrance et autorise un séjour de 30 jours au maximum. Le nouveau dispositif ramènerait sa validité à 45 jours, tout en permettant au voyageur de rester en Russie jusqu’à l’expiration de cette période.
La date d’arrivée aurait donc une incidence directe sur la durée du séjour. Un voyageur entrant immédiatement après la délivrance pourrait profiter de 45 jours sur place. En revanche, une personne qui attendrait 30 jours avant de franchir la frontière ne disposerait plus que d’une quinzaine de jours. Le principe de l’entrée unique serait maintenu.
Le projet prévoit également d’élargir les possibilités d’accès au territoire. Les titulaires du visa électronique ne seraient plus tenus d’emprunter exclusivement les postes-frontières figurant sur une liste établie par le gouvernement. Ils pourraient passer par tous les points de contrôle ouverts au trafic international de voyageurs. Le transit par la Russie serait également reconnu comme un motif de déplacement autorisé, notamment pour les personnes disposant d’un visa ou d’un droit d’entrée sans visa dans leur pays de destination.
Ces ajustements prennent une dimension particulière dans un pays qui s’étend sur onze fuseaux horaires et occupe une position charnière entre l’Europe et l’Asie. L’amélioration des conditions d’entrée et de circulation constitue un enjeu pour les déplacements touristiques, mais aussi pour les échanges professionnels et les connexions internationales. Le coût du document reste, pour sa part, fixé à environ 58 euros, selon le tarif constaté depuis le 14 octobre 2026. Les demandes sont déposées sur le portail officiel du ministère russe des Affaires étrangères, evisa.kdmid.ru. La réforme n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. Les visas délivrés avant l’application de la nouvelle loi conserveraient leurs conditions initiales, avec une validité de 120 jours et un séjour maximal de 30 jours. Si le projet est adopté, les nouvelles dispositions s’appliqueront 90 jours après sa publication officielle.
La Russie assouplit les conditions de son visa électronique, mais toutes les frontières ne s’ouvrent pas pour autant. Une contrainte? Pour les voyageurs tunisiens, leur nationalité ne figure pas parmi celles autorisées à bénéficier de ce dispositif.









