Acheter un logement à crédit ou par versements échelonnés peut devenir un piège lorsque les mensualités ne sont plus supportables. En Égypte, la jeune pousse Aqar Exit veut transformer cette difficulté en opportunité commerciale. La plateforme immobilière vient de lever 200 000 dollars auprès de l’homme d’affaires Ayman Mamdouh Abbas, en échange de 10 % de son capital, pour une valorisation de 2 millions de dollars.
Fondée en juillet 2026 par Mahmoud Ammar, Aqar Exit s’attaque à un problème concret du marché immobilier égyptien : permettre aux acheteurs qui ne peuvent plus honorer leurs échéances de céder leur contrat à un autre acquéreur, plutôt que de renoncer à leur bien dans des conditions potentiellement coûteuses. L’investissement doit financer le développement de nouveaux produits et préparer une expansion à l’international, notamment dans les pays du Golfe.
Le modèle repose sur le transfert de contrats immobiliers existants. Un acheteur ayant déjà versé une partie du prix d’un logement, mais incapable de poursuivre les paiements, peut proposer son contrat sur la plateforme. Un nouvel acquéreur reprend alors le bien selon les conditions du contrat initial, sous réserve des procédures applicables et de l’accord du promoteur. L’intérêt est double. Le vendeur dispose d’une solution pour sortir d’un engagement financier devenu trop lourd et récupérer les sommes déjà versées, selon les conditions de la transaction. Le nouvel acheteur peut, de son côté, accéder à un logement sur la base d’un prix contractuel antérieur, sans payer la majoration supplémentaire souvent pratiquée sur le marché de la revente.
La plateforme vérifie les documents contractuels, les paiements effectués et le solde restant à régler avant de présenter les offres. Elle accompagne ensuite les parties dans les démarches de transfert. Selon les conditions publiées par l’entreprise, le service est gratuit pour les vendeurs ; l’acheteur supporte une commission de 1,25 % de la valeur du contrat uniquement si le transfert aboutit. Cette solution ne garantit toutefois ni une revente immédiate ni la récupération automatique de la totalité des sommes engagées. Le résultat dépend notamment du contrat initial, de la demande pour le bien et de l’autorisation du promoteur.
Les premiers chiffres communiqués par Aqar Exit témoignent d’une activité importante. La société fait état de 638 annonces clôturées, représentant une valeur cumulée d’environ 9 milliards de livres égyptiennes. Elle indique également avoir reçu 14 845 dossiers de transfert provenant de 11 833 vendeurs, ainsi que 67 013 demandes d’achat émanant de 32 870 acheteurs potentiels. La plateforme s’est également fait connaître grâce à sa participation à la cinquième saison de l’émission égyptienne Shark Tank Egypt, consacrée aux entrepreneurs en quête d’investisseurs.
Un premier financement avant une levée de 5 millions de dollars
Aqar Exit prévoit d’utiliser les 200 000 dollars obtenus pour développer ses services et préparer son implantation sur d’autres marchés. L’entreprise vise en particulier l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux marchés immobiliers importants de la région. Elle envisage par ailleurs une nouvelle levée de fonds d’environ 5 millions de dollars en 2027, auprès d’investisseurs égyptiens et internationaux, d’hommes d’affaires et de fonds d’investissement. Cette ambition régionale soulève plusieurs enjeux. Le transfert d’un contrat immobilier dépend des règles juridiques locales, des conditions imposées par les promoteurs et des pratiques de financement propres à chaque marché. Le modèle devra donc être adapté avant de pouvoir être reproduit à grande échelle.
Pour Aqar Exit, l’enjeu ne sera pas seulement d’attirer davantage de vendeurs et d’acheteurs. Il consistera surtout à convertir les demandes enregistrées en transferts effectivement réalisés, tout en sécurisant les opérations. C’est cette capacité d’exécution, davantage que la valeur des annonces affichées, qui permettra de mesurer la viabilité du modèle.


