Les indicateurs d’activité de l’Arab Tunisian Bank (ATB) arrêtés au 30 septembre 2026 montrent un produit net bancaire en légère progression de 1,2% en rythme annuel à 283,611 MTND. Les produits d’exploitation bancaire ont reculé de 10,4%, à 545,738 MTND, mais une baisse plus importante des charges d’exploitation bancaires de 20,3% a permis à la banque de maintenir le cap et de préserver ses marges. Les revenus du portefeuille-titres commercial et d’investissement ont significativement contribué à cette résilience, atteignant 95,525 MTND au terme des neuf premiers mois de l’exercice.
L’analyse des emplois et des ressources confirme une tendance observée depuis plusieurs trimestres. La banque collecte mieux qu’elle ne prête, ce qui est parfait du point de vue prudentiel.
Les dépôts de la clientèle se sont établis à 6 759,408 MTND, en léger recul de 59,765 MTND sur un an. Cependant, la composition de cette collecte s’améliore. Les dépôts à vue ont progressé de 5,0% (103,496 MTND) à 2 161,365 MTND, ceux d’épargne de 5,2% (96,405 MTND) à 1 954,420 MTND. La banque s’appuie de plus en plus sur des ressources peu coûteuses, ce qui explique, en partie, la compression des charges d’intérêts.
Quant aux crédits nets, ils ont reculé de 207,174 MTND sur une année, à 4 997,117 MTND. Cette contraction traduit, à notre avis, une politique de crédit sélective. Dans un contexte où la demande de financement des entreprises reste orientée vers le court terme, l’ATB semble avoir choisi la prudence plutôt que l’expansion du bilan.
Les charges opératoires ont augmenté de 4,6% à 206,370 MTND. La rigidité des charges, qui caractérise l’ensemble du secteur, dans un contexte de croissance atone du PNB, comprime mécaniquement la capacité de la banque à dégager un bénéfice.
La lecture de ces indicateurs trimestriels ne peut faire abstraction du contexte propre à l’ATB. La migration vers le système T24, achevée au premier semestre 2026, a déjà eu des effets visibles sur les comptes du semestre, avec un provisionnement statistique important destiné à compenser l’indisponibilité temporaire de certaines données de classification des créances. Les indicateurs du troisième trimestre ne détaillent pas le coût du risque, mais l’établissement de crédit poursuit son travail d’assainissement.
Les chiffres publiés par l’ATB dessinent une banque qui tient ses équilibres en tentant de retrouver les ressorts d’une croissance rentable. Le quatrième trimestre, traditionnellement marqué par des commissions et une activité de marché plus élevées, sera déterminant pour savoir si l’ATB clôturera l’exercice sur une note de stabilisation ou sur un nouveau repli.








