329,5 millions de dollars pour Barq, 250 millions pour Moove et 233 millions pour Tabby. Selon Wamda, au 3e trimestre 2026, plusieurs startups du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont attiré des financements importants. Dans la région MENA, 6 opérations se distinguent par leur montant. Trois concernent des entreprises saoudiennes, deux des sociétés basées aux Émirats arabes unis et la dernière, une entreprise égyptienne. Ensemble, elles représentent plus d’un milliard de dollars.
Barq arrive en tête avec 329,5 millions de dollars levés lors d’un tour de table de série A. La fintech saoudienne a atteint une valorisation de 1,85 milliard de dollars à l’issue de l’opération. Ce montant place l’entreprise parmi les acteurs les plus valorisés de la région, alors qu’elle se trouve encore à un stade relativement précoce de son parcours de financement.
La valorisation et le montant levé ne désignent toutefois pas la même chose. Les 329,5 millions de dollars correspondent aux fonds mobilisés lors de l’opération, tandis que le 1,85 milliard représente la valeur attribuée à l’entreprise dans le cadre de cette transaction. Pour les dirigeants, cette distinction est essentielle: une valorisation élevée traduit les attentes des investisseurs, mais ne renseigne pas, à elle seule, sur la rentabilité ou la solidité financière d’une société.
Tabby, autre fintech saoudienne, a levé 233 millions de dollars lors d’un tour de table de série F. L’opération porte sa valorisation à 6,5 milliards de dollars. L’entreprise évolue dans le secteur du paiement fractionné, connu sous l’appellation Buy Now, Pay Later (BNPL), qui permet aux consommateurs de régler leurs achats en plusieurs fois.
La série F correspond à un stade de financement plus avancé que la série A de Barq. L’entreprise a déjà franchi plusieurs étapes de développement et cherche à poursuivre sa croissance. Les deux opérations illustrent ainsi des situations différentes: une entreprise peut lever des fonds pour accélérer son développement, tandis qu’une autre sollicite de nouveaux capitaux après plusieurs cycles de financement.
Le troisième acteur saoudien de ce groupe, Lendo, a mobilisé 200 millions de dollars sous forme de dette. Cette modalité change la nature de l’opération. Contrairement à une levée de fonds en capital, un financement par la dette ne donne pas nécessairement lieu à une participation de l’investisseur au capital de l’entreprise. Il implique en revanche un remboursement selon les conditions prévues.
Aux Émirats arabes unis, Moove a réuni 250 millions de dollars lors d’un tour de table de série C. Présente dans les services de mobilité, l’entreprise finance notamment l’accès des chauffeurs à des véhicules destinés à leur activité. Son modèle se situe à la croisée du financement et du transport. L’accès au véhicule permet de travailler, tandis que les revenus générés contribuent à couvrir son coût. Le montant obtenu donne à Moove des moyens supplémentaires pour poursuivre son développement. Mais une levée de fonds importante s’accompagne aussi d’attentes élevées. Les investisseurs cherchent généralement à savoir comment les capitaux seront utilisés, quels marchés l’entreprise entend développer et comment cette croissance pourra se traduire en résultats financiers.
Fasset, également basée aux Émirats, a levé 68 millions de dollars en série C. La fintech développe des services financiers numériques, notamment autour des actifs numériques.
En Égypte, Paymob a obtenu 35 millions de dollars lors d’un tour de table de pré-série C. L’entreprise fournit des infrastructures de paiement aux commerçants et aux entreprises. Ses solutions permettent notamment d’accepter et de gérer des paiements numériques. Cette activité répond à un besoin important pour les entreprises qui souhaitent développer leurs ventes en ligne ou diversifier les moyens de paiement proposés à leurs clients.
Les six opérations montrent que les grandes levées de fonds ne répondent pas toutes au même objectif. Certaines soutiennent l’expansion d’une fintech, d’autres financent des services de mobilité ou des infrastructures de paiement. Le stade de financement compte également: une série A et une série F ne correspondent pas au même niveau de maturité ni aux mêmes attentes des investisseurs.


