En Tunisie, la protection des enfants sur Internet ne relève plus uniquement des parents. Une décision de l’Instance nationale des télécommunications (INT), prise le 10 juin 2026, selon l’agence TAP, impose désormais aux fournisseurs de services Internet de mettre à disposition un minimum d’outils de contrôle parental. Le ministère des Technologies de la Communication vient d’en annoncer la mise en œuvre.
Le dispositif prévoit d’abord des fonctions assez classiques, mais désormais intégrées au cadre imposé aux fournisseurs. La même source indique que les parents doivent à l’instar pouvoir bloquer l’accès à certains sites à partir de listes noires, identifier les appareils connectés à leur réseau et gérer leur accès. Ils pourront également définir des plages horaires pendant lesquelles Internet reste accessible.
Encore faut-il que les familles sachent que ces outils existent et puissent les utiliser. Les fournisseurs devront donc informer leurs abonnés sur les fonctionnalités disponibles, leurs modalités d’activation et de désactivation, ainsi que leur utilisation. Un guide ou un document de configuration devra leur être fourni.
Le texte ouvre aussi la porte à des solutions plus avancées, notamment des applications ou des plateformes de contrôle parental. Si ces services sont payants, leur coût devra être intégré à la facture d’abonnement et l’abonné pourra résilier le service à tout moment. Les contrats devront par ailleurs comporter une clause consacrée à la protection des enfants.
Cette décision intervient dans un contexte où l’accès des mineurs au numérique est devenu beaucoup plus difficile à encadrer. Un filtre installé sur la connexion familiale ne couvre pas, à lui seul, les usages effectués depuis un smartphone, une autre connexion Wi-Fi ou un autre appareil. Et surtout, une partie des risques ne vient plus uniquement des sites consultés, mais des plateformes et de leurs mécanismes de recommandation.
C’est précisément sur ce terrain que l’Union européenne a choisi d’aller plus loin. Dans le cadre du Digital Services Act, la Commission européenne a publié en juillet 2025 des lignes directrices consacrées à la protection des mineurs. Elles portent notamment sur la vérification de l’âge, les paramètres de confidentialité, les systèmes de recommandation et les fonctionnalités susceptibles d’encourager une utilisation excessive des services numériques. Les plateformes sont directement visées. La Commission recommande notamment de réduire l’exposition des mineurs aux contenus préjudiciables dans les systèmes de recommandation et de faciliter le blocage ou la dissimulation d’autres utilisateurs.
Au Royaume-Uni, c’est pareil. Son Online Safety Act impose aux services numériques des mesures de protection des enfants, notamment des dispositifs de vérification de l’âge. Depuis juillet 2025, certains services en ligne doivent ainsi mettre en place des contrôles d’âge jugés suffisamment efficaces par le régulateur Ofcom.
par ailleurs, quant aux fournisseurs tunisiens, le changement est surtout opérationnel. Ils doivent désormais intégrer cette nouvelle exigence dans leurs offres et dans la relation avec leurs abonnés. Certains disposent déjà de solutions similaires. Orange Tunisie propose notamment un contrôle parental permettant de gérer les appareils connectés, de définir des horaires d’accès et de bloquer certains sites.
Le point à surveiller sera désormais l’utilisation réelle de ces outils. Leur efficacité dépendra autant de leur simplicité que de leur visibilité auprès des parents. Un dispositif compliqué à configurer ou mal expliqué risque de rester inutilisé.








