Si les statistiques relatives aux chèques attirent l’attention en premier lieu, la compréhension globale de l’évolution du risque de défaut de paiement impose d’élargir l’analyse à l’ensemble des moyens de paiement.
Au cours des six premiers mois de 2026, les montants rejetés cumulés, tous instruments confondus (prélèvements, virements, chèques et lettres de change), ont totalisé 4 291,881 MTND. À titre de comparaison, ce montant s’élevait à 4 776,988 MTND sur la même période en 2025, et à 3 553,760 MTND à fin juin 2024. Bien entendu, ces chiffres concernent des incidents de paiement lors du traitement de l’opération pour la première fois. Une grande partie de ces transactions pourra donc faire l’objet d’une régularisation ultérieure.
L’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur le chèque a profondément perturbé le marché. Face à un cadre plus strict, de nombreux opérateurs économiques ont délaissé ce moyen de paiement au profit d’alternatives, générant des tensions de liquidité en cascade. Cette transition difficile explique la flambée des risques observée en 2025, qui a marqué un record absolu des montants rejetés alors que la somme totale des opérations avait reculé de 9,6% pour s’établir à 105 808 MTND.
En 2026, le volume global des transactions a connu un rebond de 3,6%, tandis que les montants rejetés ont reculé de 10,1%, pour s’établir à 4 291,881 MTND. Globalement, le montant des rejets reste structurellement supérieur aux niveaux d’avant 2025, prouvant que la tension sur la trésorerie des agents économiques ne s’est pas dissipée.
De plus, le report du risque vers d’autres instruments s’est confirmé. Le changement de comportement des entreprises face au chèque a entraîné une réorientation des flux vers d’autres moyens de paiement (lettres de change, virements, prélèvements) qui ont vu les sommes concernées par des rejets augmenter. Les difficultés de recouvrement se trouvent ainsi disséminées dans l’ensemble de la chaîne financière, maintenant une pression constante sur le fonds de roulement des entreprises.
Cette persistance des impayés conforte l’aversion pour le risque des banques. Dans ce contexte, l’accès au financement pour les sociétés risque de rester contraint, pesant durablement sur la relance de l’investissement productif et consolidant un climat d’attentisme économique.


