Lorsque nous observons la structure du PIB, nous constatons que le quatrième contributeur à la valeur ajoutée totale en 2026 n’est pas un secteur, mais la rubrique “Impôts nets de subventions sur les produits”. La valeur ajoutée s’élève à 3 978,9 MTND fin juin 2026, soit 7,9% du PIB. Ce niveau n’est pas une anomalie statistique. il est proche du standard que l’on retrouve dans de nombreuses économies développées.
Comme son nom l’indique, il s’agit de la différence entre ce que l’État perçoit comme taxes sur la vente des biens et services (TVA, droits de douane et de consommation) et ce qu’il verse comme subventions. Quel est le lien avec le PIB? Les impôts sur les produits font augmenter le prix final payé par le consommateur. Ils s’ajoutent donc à la richesse mesurée aux prix du marché. Par contre, les subventions réduisent artificiellement le prix payé par le consommateur par rapport au coût réel de production. Il faut donc les soustraire pour obtenir la valeur économique nette réelle perçue par la collectivité.
Le fait qu’elle pèse autant dans le PIB de la Tunisie et qu’elle soit à son plus haut niveau montre que l’État joue un rôle de plus en plus central dans la régulation des prix et des marchés. La fiscalité indirecte est un levier majeur de prélèvement pour le budget.
Constituer près de 8% du PIB signifie aussi qu’il y a un écart considérable entre le coût de fabrication des produits et le montant final acquitté par les ménages ou les entreprises en raison de la fiscalité. L’économie est fortement fiscalisée dans sa phase de commercialisation. La richesse nationale repose en grande partie sur la consommation plutôt que sur la seule production industrielle ou l’exportation.
Si nous tenons compte du fait que l’État subventionne massivement, avoir un montant aussi élevé pour les “Impôts nets de subventions sur les produits” est un signe que l’État prélève beaucoup plus qu’il ne parvient à en redistribuer via le soutien aux prix. In fine, c’est un moyen connu pour capter une partie des flux financiers générés par le secteur informel. Du moment qu’un travailleur informel paie quand même la TVA lorsqu’il achète un produit dans un magasin, il contribue au financement du budget.
À ce que nous observons, cette rubrique va gagner encore des points durant les années à venir. Mais le point focal reste la manière dont cet argent est utilisé et l’impact de cette fiscalité sur le pouvoir d’achat des citoyens.









