La startup américaine Clay, cofondée par l’Égyptien Kareem Amin, vient de franchir un nouveau cap. Elle a levé 115 millions de dollars lors d’un tour de table de Series D mené par Wellington Management, portant sa valorisation à 7,1 milliards de dollars. En un peu plus d’un an, sa valeur a ainsi plus que doublé par rapport aux 3,1 milliards de dollars atteints lors de sa Series C en 2025.
Cette nouvelle opération intervient après une progression particulièrement rapide. En janvier 2026, Clay avait déjà atteint une valorisation de 5 milliards de dollars à l’occasion d’une opération permettant à ses salariés de céder une partie de leurs actions. La nouvelle levée marque donc une nouvelle accélération, moins de huit mois plus tard. Fondée en 2017 à New York par Kareem Amin et Nicolae Rusan, Clay s’est d’abord construite autour d’une idée différente : rendre la programmation et l’automatisation accessibles sans nécessiter de compétences avancées en code. La startup s’est ensuite repositionnée vers les équipes commerciales et marketing, en développant une plateforme destinée à automatiser la recherche de prospects, l’enrichissement des données et les campagnes de croissance.
Aujourd’hui, Clay revendique plus de 17 000 clients, dont Anthropic, Google, OpenAI, Stripe, ElevenLabs, Visa, Siemens et UPS. Selon l’entreprise, 80 % des sociétés figurant dans le classement Forbes AI50 utilisent sa plateforme. Le rythme de croissance des revenus explique en partie l’intérêt des investisseurs. Clay affirme avoir multiplié par quatre ses revenus en 2025. Son chiffre d’affaires annualisé devrait atteindre environ 200 millions de dollars au cours du trimestre en cours, puis environ 240 millions de dollars à la fin de son exercice fiscal, selon Kareem Amin et Varun Anand, autre cofondateur de l’entreprise.
Le modèle de Clay évolue parallèlement avec l’essor des agents d’intelligence artificielle. La plateforme ne se limite plus à fournir des données aux équipes commerciales : elle cherche désormais à automatiser une partie du travail de croissance, depuis l’identification des prospects jusqu’à la personnalisation des campagnes et au suivi des signaux commerciaux. Parmi ses utilisateurs figurent notamment Anthropic, qui exploite Clay pour rechercher automatiquement des prospects, Airbnb pour identifier des hôtes potentiels pour son activité Experiences et DoorDash pour repérer des entreprises susceptibles d’utiliser son programme de restauration destiné aux salariés.
Wellington Management, qui a mené ce nouveau tour, estime que le potentiel de Clay dépasse désormais celui d’un simple outil de vente. L’investisseur avait suivi la startup pendant plusieurs années avant de participer à cette opération. Kareem Amin, né en Égypte et ayant grandi en Arabie saoudite avant d’étudier le génie électrique à l’Université McGill au Canada, se retrouve ainsi à la tête d’une entreprise valorisée à plusieurs milliards de dollars dans l’un des segments les plus convoités de la tech : l’utilisation de l’IA pour automatiser et accélérer les fonctions commerciales.
Clay ne prévoit pas, à ce stade, une introduction en Bourse à court terme. Ses dirigeants disent toutefois gérer l’entreprise avec l’idée qu’elle pourrait un jour prendre cette direction.









