Nike sera retiré du S&P 100 à partir du 21 septembre 2026, selon une décision annoncée par S&P Dow Jones Indices. Le groupe américain ne disparaît toutefois pas du S&P 500. Cette modification intervient dans le cadre du rééquilibrage trimestriel des indices américains, destiné à maintenir leur représentativité en fonction de la capitalisation boursière.
Le changement est symbolique pour Nike. Le S&P 100 regroupe un nombre plus restreint de grandes entreprises américaines, tandis que le S&P 500 couvre un univers beaucoup plus large de grandes capitalisations. La sortie de Nike ne constitue donc pas une exclusion de la Bourse américaine, mais elle traduit le recul de son poids relatif parmi les plus grandes valeurs américaines.
Ce recul s’inscrit dans une période particulièrement difficile pour l’équipementier. Son action a fortement baissé depuis son sommet atteint en 2021, alors que le groupe cherche depuis plusieurs trimestres à relancer sa croissance et à retrouver une dynamique plus forte sur ses principaux marchés. Pour autant, Nike reste loin d’être un acteur en difficulté au sens opérationnel. Sur son exercice fiscal 2026, clos fin mai, le groupe a enregistré 46,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un niveau quasiment stable sur un an à taux de change publiés. Son bénéfice net s’est établi à 1,1 milliard de dollars.
Les résultats montrent cependant des performances très différentes selon les activités. Les revenus de la marque Nike ont atteint 45,2 milliards de dollars, tandis que les ventes en gros ont progressé de 6 % à 27,5 milliards de dollars. Cette progression du wholesale intervient alors que Nike continue de rééquilibrer son modèle de distribution.
La situation reste plus compliquée en Grande Chine, où les revenus de la marque ont reculé. Cette région constitue depuis plusieurs exercices l’un des principaux points de pression pour Nike, dans un environnement où le groupe fait face à une concurrence plus forte et à une demande moins dynamique. À la tête du groupe depuis octobre 2024, Elliott Hill conduit justement une nouvelle phase de redressement. Ancien dirigeant de Nike, il a passé une grande partie de sa carrière au sein de l’entreprise avant de revenir aux commandes. Sa stratégie vise notamment à remettre davantage l’accent sur le sport et l’innovation et à renforcer la relation avec les partenaires de distribution. Les résultats de l’exercice 2026 montrent déjà un mouvement dans cette direction : les ventes wholesale ont augmenté de 6 %, alors que les revenus de Nike Direct ont reculé. Il serait toutefois prématuré d’y voir la preuve d’un redressement définitif.
La sortie du S&P 100 est donc surtout un indicateur du chemin que Nike doit encore parcourir. Le groupe conserve une puissance commerciale considérable et plus de 46 milliards de dollars de revenus annuels. Mais son recul boursier et les difficultés persistantes sur certains marchés montrent que la force de la marque ne suffit plus, à elle seule, à garantir la croissance attendue par les investisseurs.









