Après plusieurs années de ralentissement, la Bourse de Tunis identifie en 2026 une fenêtre favorable pour relancer les introductions en Bourse. Liquidités disponibles, baisse des taux et forte progression du Tunindex créent un contexte plus propice au financement des entreprises par le marché.
Le constat de la Bourse de Tunis est clair: le marché tunisien des IPO a besoin d’un nouveau souffle. Entre 2008 et 2025, 41 entreprises ont rejoint la cote, pour un total de 1,451 milliard de dinars levés. Mais depuis 2017, le rythme s’est nettement essoufflé, avec environ une introduction par an en moyenne. Après deux années sans aucune IPO en 2023 et 2024, seule BNA Assurances a fait son entrée en 2025.
La situation du marché est aujourd’hui différente. Au 4 août 2026, la liquidité en circulation atteignait 29,8 milliards de dinars. Les taux d’intérêt sont également en baisse, tandis que l’inflation s’est établie à 5,1% en juillet.
Surtout, le marché actions affiche une forte dynamique: le Tunindex progressait de 44,92% au 17 août 2026. Les échanges suivent la même tendance, avec 2,532 milliards de dinars de capitaux traités sur les titres de capital sur une année glissante, soit plus du double du niveau enregistré un an auparavant (+105%). Pour la Bourse, ces indicateurs convergent vers un environnement plus favorable au financement par le marché.
L’intérêt de la Bourse ne se limite pas à céder des participations. Sur les 41 IPO réalisées depuis 2008, 49% étaient des opérations de «cash in», c’est-à-dire des émissions destinées à apporter de nouveaux capitaux à l’entreprise. Les opérations mixtes représentent 20%. La Bourse reste donc un levier potentiel pour financer l’expansion, les investissements et la croissance des entreprises tunisiennes. Mais le potentiel reste largement inexploité. Certains secteurs importants de l’économie, notamment les télécoms, l’énergie et les mines, sont encore absents de la cote. La Bourse estime que leur présence pourrait contribuer à élargir le marché et attirer de nouveaux investisseurs.
Relancer les IPO ne dépendra toutefois pas uniquement de la conjoncture. La Bourse pointe plusieurs chantiers: diversifier les secteurs représentés, renforcer la présence des investisseurs institutionnels et redynamiser le marché alternatif, notamment pour les PME. Autre sujet sensible: la suppression en 2025 de l’avantage fiscal accordé aux sociétés qui s’introduisent en Bourse pourrait freiner les futures opérations. La Bourse plaide ainsi pour une adaptation du cadre réglementaire et un réexamen des mécanismes d’incitation à la cotation.
En résumé, le potentiel existe: 41 introductions contre 16 sorties entre 2008 et 2025, soit un solde positif de 25 sociétés. Reste désormais à transformer les conditions favorables de 2026 en nouvelles introductions et, surtout, à faire de la Bourse un outil de financement plus accessible et plus attractif pour les entreprises tunisiennes.


