
La suspension temporaire de la cotation à la Bourse de Tunis après la baisse de plus de 3% du Tunindex ne doit pas être interprétée comme un signe de crise, mais comme une correction normale du marché. C’est l’analyse de Talel Ayed, directeur général de MCP, qui estime, dans un entretien accordé à Managers, que ce mouvement offre même des opportunités d’achat à certains investisseurs.
Selon lui, le marché tunisien sort d’une longue période de forte progression. «En un an et demi, la Bourse a gagné près de 100%. Cette année, le rendement était d’environ 30% avant d’atteindre près de 60%. Il est donc normal que des investisseurs prennent leurs bénéfices», explique-t-il. Il rappelle que cette période coïncide également avec la publication des résultats financiers des sociétés cotées et les détachements de dividendes, des événements qui donnent souvent lieu à des ajustements de cours.
Concernant la suspension de la cotation, Talel Ayed insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une décision prise par la Bourse. Le mécanisme est prévu par le Règlement de parquet: dès que le Tunindex recule de plus de 3% au cours d’une séance, la cotation est automatiquement interrompue pendant une heure. Si la baisse atteint ensuite 5%, la séance est suspendue. «Ce n’est pas une intervention humaine. Le déclenchement est entièrement automatique et prévu par la réglementation», précise-t-il.
Le directeur général de MCP écarte également le lien établi par certains entre la baisse du marché et la publication au Journal officiel de l’arrêté relatif aux bons du Trésor. D’après lui, cette information n’était pas nouvelle puisque le montant de 20 milliards de dinars était déjà prévu dans la loi de finances. L’arrêté ne fait, selon lui, que fixer les modalités d’application.
Pour Talel Ayed, l’évolution du marché montre d’ailleurs qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement de panique. Il rappelle qu’après la reprise des échanges, la baisse s’est réduite et que la séance suivante s’est ouverte en hausse. Les volumes sont également restés importants, avec plus de 30 millions de dinars échangés en moins de deux heures.
«S’il y avait une véritable crise, il n’y aurait plus d’acheteurs et les titres tomberaient en chute libre. Ce n’est pas le cas», affirme-t-il. Au contraire, il considère que cette correction peut représenter une opportunité pour les investisseurs. Certaines actions, notamment dans le secteur bancaire, ont reculé de plusieurs dinars par rapport à leurs niveaux récents tout en continuant d’enregistrer d’importants volumes de transactions. «Pour ceux qui n’avaient pas pu acheter lorsque les cours étaient plus élevés, c’est une occasion d’entrer à des prix plus bas», estime-t-il.
Enfin, Talel Ayed invite les investisseurs à se référer aux informations publiées par les sources officielles, notamment la Bourse de Tunis et le Conseil du marché financier, plutôt qu’aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.









