Le parmesan pourrait-il devenir un produit rare à l’avenir? Dans le berceau du Parmigiano Reggiano, au nord de l’Italie, la hausse record des températures commence à fragiliser une industrie qui repose sur un équilibre très précis entre climat, élevage et savoir-faire. Selon Reuters, les épisodes de chaleur extrême augmentent fortement les coûts de production et mettent sous pression toute la chaîne de valeur du célèbre fromage italien.
Le problème commence dans les fermes. Lorsque les températures dépassent régulièrement les 35 à 40°C, les vaches souffrent du stress thermique: elles consomment moins d’aliments et produisent moins de lait. Or, le Parmigiano Reggiano dépend exclusivement d’un lait local répondant à un cahier des charges strict. Une baisse de la production laitière se traduit donc directement par une diminution potentielle du nombre de meules produites.
Mais le changement climatique ne menace pas seulement les volumes. Il bouleverse aussi les coûts. Les éleveurs doivent désormais investir davantage dans des équipements de refroidissement, notamment des ventilateurs et des systèmes de brumisation pour protéger les animaux pendant les périodes de forte chaleur. Une facture énergétique supplémentaire qui réduit les marges des exploitations.
La chaleur frappe également les étapes suivantes de fabrication. Le parmesan doit vieillir pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, dans des entrepôts où la température et l’humidité doivent rester parfaitement contrôlées. Selon les informations rapportées par Reuters, certains sites d’affinage ont enregistré une hausse importante de leur consommation énergétique pendant les vagues de chaleur. Magazzini Generali delle Tagliate (MGT), qui conserve plus de 500 000 meules de Parmigiano Reggiano représentant une valeur supérieure à 300 millions d’euros, a indiqué que ses besoins énergétiques avaient augmenté d’environ 30% lors des périodes de températures extrêmes.
Pour les producteurs, le défi est désormais économique autant qu’environnemental: maintenir la qualité d’un produit premium tout en absorbant une hausse continue des coûts. Face à cette nouvelle réalité climatique, les acteurs de la filière accélèrent leurs investissements: bâtiments mieux isolés, solutions énergétiques plus efficaces, équipements de refroidissement modernes et recours accru aux énergies renouvelables.


