Les investissements dans les centres de données en Afrique devraient atteindre 8,76 milliards de dollars d’ici à 2031, un marché porté par l’essor du cloud, de l’intelligence artificielle (IA) et de la demande croissante de stockage local des données. Dans cette dynamique, la Tunisie figure désormais parmi les pays qui attirent l’attention des investisseurs internationaux, aux côtés du Maroc, selon un rapport publié le 24 juin par Arizton Advisory & Intelligence.
Jusqu’à présent, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et l’Égypte restent les principaux pôles du continent. Ces pays concentrent la majorité des investissements grâce à des réseaux télécoms plus développés, une meilleure connectivité internationale et une demande soutenue pour les services cloud et de colocation. L’Égypte se distingue également par un coût de construction estimé entre 8 et 10 dollars par watt, ce qui en fait l’un des marchés les plus compétitifs d’Afrique pour les nouveaux projets.
Le rapport souligne toutefois que la Tunisie et le Maroc gagnent en attractivité. Leur proximité avec l’Europe et leur connexion à plusieurs câbles sous-marins renforcent leur position comme futurs hubs d’interconnexion entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette évolution élargit progressivement la carte des investissements au-delà des marchés historiques.
Selon Arizton, le marché africain des data centers enregistrera une croissance annuelle moyenne de 15,76% jusqu’en 2031. Le segment des centres de données en colocation progressera encore plus vite, avec un taux de croissance annuel de 23,74%, les entreprises privilégiant des infrastructures flexibles plutôt que leurs propres installations.
Cette croissance est alimentée par l’adoption rapide de l’IA, du machine learning, du big data et de l’Internet des objets (IoT), qui nécessitent des capacités de calcul toujours plus importantes. Les grands acteurs technologiques investissent également dans cette transformation numérique en Afrique, tandis que les opérateurs développent des centres de données adaptés aux charges de travail liées à l’IA.
Le rapport met également en avant deux facteurs devenus déterminants pour les futurs investissements: l’accès à une énergie fiable et la qualité de la connectivité internationale. Face à l’augmentation de la consommation électrique des centres de données, les opérateurs misent de plus en plus sur les énergies renouvelables afin de sécuriser leur approvisionnement et de réduire leurs coûts. Parallèlement, le développement des câbles sous-marins améliore la résilience des réseaux africains et renforce l’attractivité des pays les mieux connectés, notamment en Afrique du Nord.


