
À 40 ans, Mohamed Seddiki avance comme ces entrepreneurs qui ne tiennent pas en place. Le confort des grandes structures ne l’a jamais vraiment séduit. Ce qu’il cherche, c’est le mouvement, la création, l’impact.
Baccalauréat en poche en Tunisie, il choisit l’Allemagne et s’installe à Hanovre pour étudier l’informatique. Son parcours professionnel démarre chez Volkswagen, où il évolue pendant huit ans. D’ingénieur à Product Manager, il gravit les échelons dans l’un des plus grands groupes industriels européens. Mais l’adrénaline des projets internes ne suffit plus. L’envie d’innover, de décider vite et de bâtir à sa manière devient plus forte que la sécurité d’un poste stable.
Il amorce alors un virage stratégique et choisit deux terrains d’action : l’éducation et la fintech.
Dans le domaine éducatif, il fonde en Allemagne une organisation dédiée à l’enseignement des langues pour la diaspora. Ce qui débute comme une petite structure devient progressivement un réseau international : six branches en Tunisie, trois en Algérie et une présence en Inde. L’organisation obtient une certification du ministère allemand des Affaires étrangères pour organiser des examens officiels comme ÖSD et ECL, indispensables pour de nombreux projets d’expatriation. L’idée est simple : transformer la barrière linguistique en passerelle d’opportunités.
En 2023, il se lance dans la fintech. Inspiré par le modèle de PayPal, il développe une solution de paiement destinée au marché européen, avec un focus clair : faciliter les transferts instantanés entre l’Europe et l’Afrique, notamment vers la Tunisie et le Maroc. Sa promesse phare à travers sa plateforme Move Payments: zéro frais pour la diaspora. Il travaille aujourd’hui sur un concept de “Global Account” visant à permettre aux freelances tunisiens de disposer d’une carte internationale virtuelle et de gérer plusieurs devises avec plus de liberté.
Son approche du management tranche avec les modèles traditionnels. Chaque projet est structuré comme une startup autonome, avec des équipes intéressées aux bénéfices tous les trois mois. Il revendique une culture de l’erreur assumée : durant les six premiers mois, les nouveaux collaborateurs sont encouragés à tester, se tromper, apprendre. L’objectif est clair : construire la confiance et l’autonomie.
Le bien-être occupe aussi une place stratégique. Une “Chief of Happiness” veille à la dynamique interne. Chaque année, l’entreprise ferme temporairement ses bureaux pour réunir l’ensemble des équipes internationales lors d’un voyage collectif – de Dubaï à Majorque, en passant par la Turquie ou la Tunisie. Cohésion, énergie créative et vision partagée deviennent ainsi des leviers de performance.
Installé en Allemagne mais attaché à ses racines tunisiennes, Mohamed Seddiki navigue entre plusieurs pays pour piloter ses activités. Toujours attentif aux mutations technologiques, il intègre l’intelligence artificielle dans ses processus, notamment via des outils comme ChatGPT Plus, afin d’optimiser le temps et la productivité de ses équipes.
Entre expertise technique, instinct commercial et management centré sur l’humain, il construit un modèle hybride, sans frontières. Pour lui, chaque défi n’est pas un obstacle, mais un terrain d’expansion.








