
L’adhésion officielle de l’Afrique du Sud à la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) marque bien plus qu’un simple élargissement du cercle des États membres. Selon la banque, elle consacre l’entrée de la première économie industrielle du continent dans un dispositif financier panafricain pensé pour renforcer l’autonomie économique de l’Afrique et stimuler les échanges intra-africains. Elle devient le 54e membre.
Cette décision, validée par le Parlement sud-africain en 2025, s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la montée du protectionnisme, la reconfiguration des chaînes de valeur et une fragmentation accrue du système financier international. Face à ces défis, Pretoria fait le choix d’un ancrage africain plus affirmé, en misant sur une institution financière créée par et pour le continent.
Un partenariat aux ambitions concrètes
L’adhésion ne se limite pas à un engagement symbolique, d’après communiqué. Afreximbank prévoit de déployer en Afrique du Sud un programme pays d’un montant de 8 milliards de dollars. L’objectif est clair: soutenir la croissance, renforcer l’industrialisation et consolider les chaînes d’approvisionnement régionales, tout en favorisant une augmentation significative du commerce et des investissements intra-africains.
Cette enveloppe financière vient s’ajouter à un portefeuille de projets déjà en cours ou en préparation, estimé à plus de 6 milliards de dollars, couvrant des secteurs clés comme la santé, l’énergie, l’industrie manufacturière, les services financiers et les mines. Autrement dit, Afreximbank ne part pas de zéro : elle s’appuie sur des projets structurants capables de générer des retombées économiques durables.
L’Afrique du Sud occupe déjà une place centrale dans le commerce africain. En 2024, elle représentait près de 20 % du commerce intra-africain. Son intégration à Afreximbank renforce cette position. Le pays pourra mieux utiliser les outils financiers, l’expertise technique et le réseau panafricain de la Banque pour élargir ses débouchés sur le continent.
Au-delà du financement classique, plusieurs programmes conjoints seront mis en œuvre. Ils portent sur la promotion du commerce et de l’investissement en Afrique, le financement de parcs industriels et de zones économiques spéciales, le soutien aux sociétés d’exportation, ainsi que l’appui aux industries créatives et culturelles. Des services de conseil et de préparation de projets sont également prévus.









