Schneider Electric s’apprête à réaliser sa plus importante acquisition. Le groupe français a annoncé lundi 5 octobre un accord en vue du rachat de PTC, éditeur américain de logiciels industriels, dans une transaction valorisant l’entreprise à 23,7 milliards de dollars, soit environ 21,1 milliards d’euros. Et ce , d’après les données rapportées par Financial Times.
L’offre porte sur 205 dollars en numéraire par action PTC. Elle valorise les fonds propres de l’entreprise à 22,6 milliards de dollars, soit 20,1 milliards d’euros. Le prix proposé représente une prime de 42,3 % par rapport au cours de clôture de PTC avant l’annonce. L’opération reste soumise au vote des actionnaires de PTC et aux autorisations réglementaires. Sa finalisation est prévue au troisième trimestre 2027.
PTC prévoit de générer jusqu’à 2,75 milliards de dollars de revenus en 2026.
Fondé en 1985 et basé à Boston, PTC développe des logiciels destinés aux industriels. Ses solutions couvrent notamment la conception de produits, l’ingénierie et la gestion de leur cycle de vie. Son portefeuille comprend notamment Creo, utilisé dans la conception 3D, et Windchill, dédié à la gestion des données et du cycle de vie des produits.
PTC compte plus de 7 000 salariés et plus de 30 000 clients dans le monde. Ses logiciels interviennent dès les premières étapes d’un produit, lorsque les équipes définissent sa conception et ses caractéristiques techniques, puis accompagnent les différentes phases de son développement.
Schneider Electric cherche depuis plusieurs années à renforcer cette activité. Le groupe français a finalisé en 2023 le rachat d’Aveva, spécialiste des logiciels industriels, dans une opération d’environ 11 milliards de dollars. Il a annoncé en juin dernier l’acquisition de Cognite, entreprise spécialisée dans les données industrielles et l’intelligence artificielle.
PTC apporte une autre brique à cet ensemble. Ses logiciels sont davantage tournés vers la conception et l’ingénierie des produits, tandis que Schneider Electric est déjà présent dans l’automatisation industrielle, la gestion de l’énergie et les logiciels destinés aux opérations.
La montée en puissance de l’intelligence artificielle renforce l’intérêt de ces technologies. Les logiciels de PTC intègrent désormais des fonctions d’IA destinées notamment à assister les ingénieurs et à exploiter les données liées aux produits.
Schneider Electric profite également de l’essor des centres de données liés à IA. Cette activité représente désormais environ un quart de son CA, selon le FT.
Le groupe français prévoit 250 millions d’euros de synergies de coûts annuelles à partir de la troisième année suivant la réalisation de l’acquisition. Il table également sur environ 800 millions d’euros de synergies de revenus à terme.
Le financement reposera sur des capitaux propres et de nouvelles dettes. Schneider Electric prévoit de mobiliser entre 5 et 6 milliards d’euros de capitaux propres et entre 16 et 17 milliards d’euros de nouvelle dette. Le groupe prévoit également de suspendre son programme de rachat d’actions en 2027 et 2028.
Cette acquisition intervient après plusieurs opérations menées par Schneider Electric dans les technologies industrielles. Le groupe avait notamment renforcé sa présence dans les logiciels avec Aveva, puis dans les données industrielles avec Cognite. Le rachat de PTC élargit désormais son portefeuille vers les outils utilisés dans la conception et la gestion des produits.
La transaction doit encore recevoir le feu vert des actionnaires de PTC et des autorités compétentes. Sous réserve de ces approbations, Schneider Electric prévoit de boucler l’opération au troisième trimestre 2027.
Pour info, Schneider était valorisé autour de 175 milliards d’euros, ce qui en faisait la troisième entreprise cotée en France selon le FT.









