La Tunisie recule de quatre places dans le Travel & Tourism Development Index (TTDI) 2026 du World Economic Forum (WEF). Elle se classe désormais 82e sur 110 économies, tout en conservant la septième position à l’échelle africaine. Le classement, publié le 25 septembre 2026 en collaboration avec Zurich Insurance Group, mesure les conditions qui permettent au secteur du tourisme de se développer de manière durable et résiliente.
La Tunisie obtient un score de 3,62 points sur 7. Elle arrive derrière Maurice, l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, la Tanzanie et le Kenya dans le classement continental. Elle devance notamment le Botswana, l’Algérie et la Namibie. À l’échelle mondiale, le Japon prend la première place avec un score de 5,27 points, devant les États-Unis et l’Espagne. Les dix premières places sont occupées par le Japon, les États-Unis, l’Espagne, l’Australie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, la Suisse et l’Italie.
Le TTDI ne classe pas directement les pays selon leur nombre de touristes, leurs recettes ou leurs dépenses touristiques. Il cherche plutôt à mesurer la solidité de l’environnement dans lequel le tourisme peut se développer. L’indice repose sur 17 piliers et 102 indicateurs, regroupés autour de cinq grandes dimensions: l’environnement favorable, les politiques et conditions permettant le développement du tourisme, les infrastructures et services, les ressources touristiques et la durabilité. Parmi les critères examinés figurent notamment l’environnement des affaires, la sécurité, les ressources humaines, la préparation numérique, l’ouverture au tourisme, la compétitivité des prix, les infrastructures aériennes, les ressources naturelles et culturelles ainsi que la durabilité environnementale et socioéconomique. Les données utilisées proviennent à la fois de l’enquête du WEF auprès des dirigeants et de données statistiques issues de différentes sources internationales. Les indicateurs sont normalisés sur une échelle de 1 à 7, avant le calcul du score global.
La baisse de quatre places de la Tunisie ne signifie pas nécessairement que ses conditions de développement touristique se sont détériorées dans les mêmes proportions. Le WEF précise que 92% des économies étudiées ont amélioré leur score entre 2024 et 2026, tandis que la moyenne mondiale a progressé de 2,1%. Un pays peut donc gagner en score tout en perdant des places si d’autres économies progressent davantage.
Le WEF souligne également une limite méthodologique importante: l’édition 2026 a intégré des révisions de données et des ajustements destinés à rendre les comparaisons historiques plus cohérentes. Les résultats de 2019, 2021 et 2024 ont ainsi été recalculés selon la méthodologie actuelle.
Le contexte mondial du tourisme est, lui, nettement plus favorable. Les arrivées internationales ont atteint 1,5 milliard en 2025, un record selon le WEF. La contribution totale du secteur des voyages et du tourisme à l’économie mondiale a atteint 11.600 milliards de dollars, soit près de 10% du PIB mondial. Mais le WEF estime que le principal défi n’est plus seulement de relancer le tourisme après la pandémie. Il s’agit désormais de gérer sa croissance face à la hausse des coûts, aux besoins d’investissement, aux tensions sur les ressources humaines et aux contraintes environnementales.
Pour les destinations comme la Tunisie, le classement fournit ainsi surtout une lecture des conditions structurelles nécessaires à la compétitivité touristique: infrastructures, connectivité, numérique, ressources, environnement des affaires et capacité à rendre la croissance touristique plus durable.









