L’Afrique du Nord concentre l’essentiel des exportations africaines de dattes. Selon les données 2025 compilées à partir de Trade Map, cinq pays se distinguent sur le marché international : l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Libye et l’Afrique du Sud. Dans le même temps, l’Éthiopie cherche à se faire une place dans cette filière avec un plan de développement sur dix ans.
Avec environ 185 000 tonnes exportées en 2025 pour 184 millions de dollars de recettes, l’Algérie arrive en première position africaine en volume. La production est principalement concentrée dans les oasis du Sud, notamment à Biskra, El Oued et Ouargla. Le pays dispose d’une importante base productive. La FAO estime sa production à environ 1,34 million de tonnes en 2024, sur près de 176 000 hectares récoltés. Une grande partie de cette production est destinée au marché intérieur.
La Tunisie occupe la deuxième place en volume avec environ 147 000 tonnes exportées en 2025. En valeur, elle prend toutefois la tête du classement africain avec près de 347 millions de dollars de recettes. Cette différence s’explique notamment par une valeur moyenne à l’export plus élevée. Selon les données de Trade Map, elle atteint environ 2 400 dollars par tonne pour les dattes tunisiennes, contre près de 993 dollars pour les exportations algériennes. La filière tunisienne repose principalement sur les régions de Kébili et Tozeur. La FAO estime la production nationale à environ 400 000 tonnes en 2024, sur plus de 81 000 hectares récoltés.
L’Égypte arrive troisième en matière d’exportations, avec environ 39 000 tonnes vendues à l’étranger en 2025, pour 147 millions de dollars. Le contraste est important avec sa production. Avec environ 1,75 million de tonnes produites en 2024 selon la FAO, l’Égypte dispose de la première capacité de production de dattes du continent. Une part importante reste cependant destinée au marché national.
La Libye se classe quatrième avec près de 16 000 tonnes exportées en 2025, pour environ 25 millions de dollars. Sa production, concentrée dans les zones arides et les oasis, avait atteint environ 187 000 tonnes en 2024 selon la FAO. L’Afrique du Sud ferme ce classement avec environ 6 200 tonnes exportées, pour 26 millions de dollars. Le pays se distingue par une valeur moyenne à l’export estimée à environ 4 100 dollars par tonne, supérieure à celle des quatre autres pays du classement.
C’est dans ce contexte que l’Éthiopie cherche à développer sa propre filière. Le pays a dévoilé un plan décennal visant notamment à porter les superficies consacrées au palmier dattier d’environ 6 000 à 25 000 hectares. La stratégie prévoit également le développement des plants, de l’irrigation, du stockage, du conditionnement et de la transformation. Addis-Abeba vise à terme une position d’exportateur net de dattes.









