Air Sénégal a suspendu, à titre conservatoire, ses personnels navigants commerciaux (PNC) sénégalais affectés à la liaison Dakar-Paris. La mesure, en vigueur depuis le 17 septembre 2026, intervient après des soupçons de convoyage rémunéré de colis pour le compte de particuliers ou de commerçants.
Selon plusieurs sources de presse sénégalaises, certains membres du personnel auraient transporté des colis contre rémunération, une pratique communément appelée «GP». Certains tarifs auraient atteint jusqu’à 15 euros par kilogramme, soit environ 10.000 francs CFA. Cette pratique serait contraire aux procédures applicables au personnel navigant commercial d’Air Sénégal.
La suspension est présentée comme une mesure conservatoire et non comme une sanction définitive. Air Sénégal doit désormais établir, dans le cadre d’une enquête interne, les responsabilités individuelles des personnes concernées. À ce stade, il n’est donc pas établi que l’ensemble des PNC suspendus aient personnellement participé à ces pratiques. Les accusations rapportées font encore l’objet de vérifications. Pour maintenir la liaison Dakar-Paris, la compagnie s’appuie temporairement sur des PNC de MyWay Airlines, dans le cadre de son dispositif ACMI. Ce type de contrat permet à une compagnie de recourir à un autre opérateur pour fournir notamment l’équipage, l’appareil, la maintenance et l’assurance. Ce recours à MyWay n’est toutefois pas entièrement nouveau pour Air Sénégal. La compagnie utilise déjà un Boeing 777-200ER de l’opérateur géorgien sur la liaison Dakar-Paris depuis janvier 2026.
L’affaire rappelle également un précédent rapporté sur la desserte Dakar-New York, où Air Sénégal aurait déjà été confrontée à des pratiques similaires liées au transport de marchandises. Des sources sénégalaises font état d’une enquête menée en 2023. Pour l’heure, l’enjeu est double pour Air Sénégal: déterminer les éventuelles responsabilités individuelles tout en maintenant la continuité de ses opérations sur l’un de ses principaux axes internationaux. La compagnie n’a pas, dans les sources consultées, publié de communication détaillant officiellement les faits reprochés aux PNC.


