Au sud-est du Maroc, le complexe solaire Noor Ouarzazate s’étend sur environ 3 000 hectares et affiche une capacité installée de 580 MW. Mis en service progressivement entre 2016 et 2018, il réunit quatre centrales et plusieurs technologies solaires, dont le solaire thermodynamique à concentration (CSP) et le photovoltaïque.
Présenté comme l’un des plus grands complexes solaires au monde, Noor Ouarzazate repose sur trois centrales CSP — Noor I, II et III — et une centrale photovoltaïque, Noor IV. Les trois premières concentrent le rayonnement solaire à l’aide de miroirs pour produire de la chaleur, puis de la vapeur destinée à entraîner une turbine. Noor IV, d’une puissance de 72 MW, fonctionne quant à elle avec des panneaux photovoltaïques équipés d’un système de suivi du soleil.
La particularité de Noor réside surtout dans le stockage thermique associé aux centrales CSP. Noor I dispose notamment d’une capacité de stockage de trois heures. Noor III, équipée d’une tour solaire de 243 mètres, utilise des sels fondus capables de conserver la chaleur afin de continuer à produire de l’électricité après le coucher du soleil. Les températures peuvent atteindre environ 565 °C.
Cette architecture permet donc de rendre une partie de la production solaire « pilotable » et de mieux répondre aux besoins du réseau lorsque la production photovoltaïque diminue en fin de journée. Il serait toutefois inexact de présenter l’ensemble du complexe comme une installation produisant de manière continue 24 heures sur 24 : Noor IV, notamment, est une centrale photovoltaïque sans stockage thermique.
Le projet constitue aussi un cas intéressant pour les entreprises et les investisseurs : son développement s’est appuyé sur des partenariats public-privé et sur le financement de plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’AFD et la Banque européenne d’investissement. L’objectif dépassait donc la seule production d’électricité : il s’agissait aussi de réduire la dépendance du Maroc aux énergies fossiles et de développer une filière industrielle autour des énergies renouvelables.
Le complexe montre également les limites techniques du modèle. Noor III a été arrêtée en février 2024 après une fuite dans un réservoir de sels fondus et n’a repris son activité qu’en avril 2025. En 2026, un nouveau réservoir de stockage est encore au cœur d’un programme destiné à renforcer la fiabilité de l’installation.
Au-delà de son image de « cité solaire » au milieu du désert, Noor Ouarzazate est surtout un démonstrateur à grande échelle : celui d’un modèle énergétique combinant production solaire, stockage thermique, infrastructures de réseau et financement public-privé.









