Les discussions sur l’investissement en Tunisie, ses défaillances et la nécessité de le stimuler rythment notre quotidien. En revanche, rares sont les occasions où l’on évoque la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF), le concept qui traduit pourtant la réalité tangible de l’investissement.
La FBCF regroupe les actifs corporels (constructions, équipements et machines et actifs biologiques cultivés) et incorporels (R&D, logiciels informatiques et bases de données et dépenses d’exploration minière). Le terme “brute” signifie que le calcul ne déduit pas la consommation de capital fixe.
En 2025, la FBCF a totalisé 26,457 milliards de dinars. Sur la période 2021-2025, la croissance moyenne était de 6,1 %. Bien évidemment, la FBCF est exprimée en valeur nominale. Dans un contexte d’inflation comme le nôtre, une partie de cette hausse ne reflète pas forcément une augmentation du volume physique des investissements, mais simplement la hausse des différentes composantes de cet indicateur.
La dynamique relative observée porte l’empreinte des sociétés non financières, dont les investissements productifs ont progressé de 12,2 % en moyenne sur 2021-2025, totalisant 11 339 milliards de dinars. Ce rebond montre un effort de modernisation des équipements et des capacités industrielles malgré un climat économique complexe.
Le second contributeur à la FBCF n’est autre que les ménages. En d’autres termes, c’est l’investissement dans l’immobilier. Il tend à se stabiliser, avec une croissance moyenne de 1,5 % entre 2021 et 2025. Il est freiné par la contraction du pouvoir d’achat et le coût du crédit.
Pour sa part, l’administration publique subit des contraintes budgétaires sévères qui limitent sa marge de manœuvre pour porter de grands projets d’infrastructures, maintenant l’investissement public sous des seuils optimaux. La FBCF est de l’ordre de 5 769 MTND fin 2025, soit une croissance moyenne 2021-2025 de 3,3 %.
Enfin, les institutions financières affichent des investissements de 592 MTND seulement, soit 2,2 % seulement de la FBCF nationale. Bien que faible, il est normal du moment que leur cœur de métier est l’intermédiation financière.
Reste enfin à préciser que dans sa globalité, la FBCF demeure insuffisante. Elle ne représente que 15,4 % du PIB, alors que des pays comme le Maroc ou l’Ethiopie affichent des niveaux supérieurs à 30 %. C’est pourquoi il est impératif de libéraliser l’initiative économique.









