Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Observatoire de l’inclusion financière (OIF) publient aujourd’hui une étude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie.
Pour la Tunisie, l’accès aux services financiers formels représente un enjeu majeur de justice territoriale et de développement humain durable. Cette étude, menée dans 7 gouvernorats (Kairouan, Gabès, Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili),a été réalisée afin d’éclairer cette réalité et d’apporter des solutions concrètes et ancrées dans le territoire. Réalisée dans le cadre du projet «Green Economy: Women’s Economic Empowerment in Tunisia» (GEWEET), financé par le gouvernement du Canada, elle donne la parole à des milliers de citoyennes et de citoyens pour mieux analyser l’offre de services et les comportements financiers locaux.
En particulier, l’étude met en lumière une réalité chiffrée: dans les sept gouvernorats étudiés, la couverture bancaire ne représente que 12% du réseau national, tandis que le taux de bancarisation des femmes s’établit à 18%. Ces données expliquent la place centrale qu’occupent les pratiques informelles, telles que l’épargne à domicile ou les circuits communautaires de solidarité, qui reposent sur la proximité géographique et des liens de confiance profondément ancrés. Pour les femmes et les jeunes, la finance formelle doit évoluer vers des outils simples, transparents et adaptés aux revenus modestes.
«L’inclusion financière des femmes et des jeunes est une activité de terrain qui contribue au développement économique et social durable. Elle se mesure par la capacité concrète à ouvrir et utiliser un compte, épargner en sécurité, accéder à un crédit adapté sans que la distance, le coût ou la méfiance ne constituent des barrières insurmontables», souligne Raja Dahman, directrice générale de l’Observatoire de l’inclusion financière.
Au-delà des aspects techniques, ce travail aborde l’inclusion financière comme un levier socioéconomique transformationnel du développement humain. En effet, rapprocher les institutions financières des populations locales part de la simplification du langage bancaire, de l’allègement des procédures et d’investissements importants dans une éducation financière claire et accessible. Le dialogue continu avec les utilisatrices et les utilisateurs s’impose ainsi comme une condition essentielle pour dissiper la méfiance et co-construire des solutions réellement adaptées aux aspirations de la jeunesse et des femmes.
«Lorsque les populations, et en particulier les plus vulnérables, accèdent aux services financiers formels et les utilisent, leur autonomie économique, et leur capacité à saisir des opportunités, à participer activement au développement socio-économique et à construire leur résilience s’en trouvent renforcées. En ce sens, l’inclusion financière est autant un levier d’égalité que de développement durable», souligne Céline Moyroud, représentante résidente du PNUD en Tunisie.
L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans le besoin crucial d’information, d’écoute et d’accompagnement exprimé par les populations engagées dans cette initiative. Pour transformer ces constats en solutions concrètes, le PNUD et l’OIF lanceront prochainement une campagne de communication dédiée, constituée d’une campagne d’affichage de proximité, doublée d’une caravane itinérante. À partir d’octobre 2026, cette plateforme mobile sillonnera les sept gouvernorats cibles pour aller directement à la rencontre des femmes et des jeunes, en réunissant banques, institutions de microfinance, assurances et services financiers digitaux sous un même toit. La caravane proposera un accompagnement personnalisé, des animations pédagogiques et des simulations pratiques afin d’encourager un passage à l’acte confiant et éclairé.
Face à l’ampleur des défis, le PNUD continuera à renforcer sa collaboration stratégique avec l’Observatoire de l’inclusion financière, convaincu que l’accès à des services financiers adaptés demeure la pierre angulaire de toute autonomie économique. Ces engagements s’inscrivent pleinement dans les priorités nationales du Plan de développement 2026-2030 de la Tunisie, visant à soutenir l’autonomisation économique des catégories vulnérables, à consolider le tissu des micro et très petites entreprises, et à bâtir un modèle économique territorial plus juste, résilient et résolument tourné vers l’avenir.
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