Les systèmes éducatifs d’Asie de l’Est occupent une nouvelle fois les premières places du PISA. Publiés le 8 septembre 2026 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’édition 2025 portent sur plus de 760 000 élèves âgés d’environ 15 ans, dans 91 pays et économies. Cette édition fait des sciences le principal domaine évalué.
B-S-J-Z (Chine), qui regroupe Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, arrive en tête avec 597 points en sciences. Singapour suit avec 560 points, devant Macao avec 541 points, le Taipei chinois avec 540 points et le Japon avec 538 points. La moyenne de l’OCDE s’établit à 482 points. La même avance apparaît en mathématiques, où B-S-J-Z atteint 612 points contre 463 pour l’OCDE, ainsi qu’en lecture, avec Singapour à 535 points contre 461 pour la moyenne de l’organisation.
Ce que mesure réellement PISA
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves ne cherche pas simplement à vérifier ce que les jeunes ont mémorisé à l’école. Les épreuves évaluent leur capacité à utiliser leurs connaissances, à expliquer des phénomènes, à interpréter des données, à évaluer des informations et à raisonner face à des situations nouvelles. Les questionnaires qui accompagnent les tests permettent aussi de regarder le contexte d’apprentissage, notamment le climat de classe, la motivation, la curiosité et le milieu social des élèves.
C’est justement dans la répartition des résultats que l’écart devient intéressant. Dans B-S-J-Z, 55,5% des élèves atteignent les niveaux 5 ou 6 dans au moins une des trois matières évaluées, contre 11,9% en moyenne dans l’OCDE. À l’autre extrémité, seuls 1,8% restent sous le niveau 2 dans les trois matières, contre 19,7% dans l’OCDE. Le classement ne repose donc pas uniquement sur quelques élèves très forts. Une part beaucoup plus importante des élèves atteint les niveaux les plus élevés, tandis que le nombre de jeunes en grande difficulté reste limité.
Cette situation apparaît dans un contexte où les résultats de l’OCDE continuent de reculer. Entre 2022 et 2025, la moyenne a perdu 3 points en sciences, 9 en mathématiques et 14 en lecture. Le contraste avec les systèmes arrivés en tête est donc aussi lié au recul général observé dans les pays de l’OCDE.
La classe, un autre élément à regarder
Les données recueillies auprès des élèves donnent quelques indications sur les conditions d’apprentissage. En Corée, au Japon et dans B-S-J-Z, le climat disciplinaire déclaré par les élèves est nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE. L’absentéisme y est également plus faible. Ces résultats ne permettent pas de dire que la discipline produit à elle seule de meilleurs scores, mais ils montrent que les conditions dans lesquelles se déroule le temps de classe font partie des éléments à observer.
Le numérique apparaît également dans l’enquête. Dans l’OCDE, 28% des élèves déclarent que leurs camarades sont distraits par les appareils numériques pendant les cours de sciences. Dans plusieurs systèmes asiatiques, cette proportion est plus faible. Là encore, PISA décrit une situation sans permettre, à lui seul, d’établir une relation directe entre l’usage des écrans et les résultats scolaires.
L’influence du milieu social constitue un autre point important. Le niveau socio-économique explique en moyenne 12% des différences de résultats en sciences au sein des pays et économies de l’OCDE. Les écarts entre systèmes ne se résument donc pas au seul niveau moyen affiché dans le classement.
Par ailleurs, les scores scolaires élevés ne signifient pas nécessairement que les élèves déclarent davantage de curiosité ou d’engagement. Au Japon, par exemple, 63 % des élèves disent être curieux de nombreuses choses, contre 73 % en moyenne dans l’OCDE. Ils sont également 48 % à déclarer fournir davantage d’efforts lorsque le travail devient difficile, contre 60 % dans l’OCDE.
Ce décalage est intéressant. Il rappelle que les bons résultats scolaires ne se lisent pas uniquement dans les notes. Ils coexistent avec d’autres réalités, liées à la manière dont les élèves vivent leur scolarité et perçoivent leurs apprentissages.
PISA 2025 ne livre donc pas une recette unique de la réussite. Les chiffres mettent plutôt en évidence plusieurs éléments qui se retrouvent dans les systèmes les mieux classés: un niveau élevé dans plusieurs disciplines, une proportion importante d’élèves parmi les meilleurs niveaux et moins de jeunes en grande difficulté. À cela s’ajoutent des conditions de classe et des comportements scolaires qui méritent d’être regardés de près. La question n’est alors plus seulement de savoir qui arrive premier, mais de comprendre comment un système parvient à maintenir autant d’élèves à un niveau élevé.
Cette édition compte aussi sept nouveaux participants, à savoir , l’Arménie, Douchanbé (Tadjikistan), l’Équateur, le Kenya, la région du Kurdistan (Irak), le Rwanda et la Zambie. Avec ces nouvelles participations, PISA couvre désormais 91 pays et économies.









