Chez Nvidia, la flambée de l’action ne profite pas uniquement aux investisseurs. Elle a aussi considérablement augmenté le patrimoine de nombreux salariés, grâce à une politique de rémunération qui leur donne une exposition directe au capital du fabricant de puces.
Selon un sondage réalisé auprès de plus de 3 000 employés de Nvidia et cité par Forbes en 2024, 76% des répondants seraient millionnaires et environ un salarié sur trois déclarerait un patrimoine supérieur à 20 millions de dollars. Ces chiffres donnent une indication de l’ampleur des gains accumulés par certains salariés, mais ne constituent pas une statistique officielle publiée par Nvidia. Le mécanisme repose notamment sur deux leviers. Nvidia attribue à ses salariés des actions sous forme de RSU et de PSU, généralement acquises progressivement sur quatre ans sous certaines conditions.
L’entreprise dispose également d’un Employee Stock Purchase Plan (ESPP). Depuis mars 2025, les salariés peuvent consacrer jusqu’à 25% de leurs revenus à l’achat d’actions Nvidia. Le prix d’achat est fixé à 85% du plus bas entre le cours au début de la période d’offre et celui constaté au moment de l’achat, soit une décote pouvant atteindre 15%. La hausse spectaculaire du titre a mécaniquement amplifié la valeur de ces participations. Un cas cité par Fortune concerne un salarié de niveau intermédiaire qui aurait acheté des actions Nvidia pendant 18 ans sans les vendre. Sa participation aurait atteint environ 62 millions de dollars. Cette accumulation de patrimoine peut aussi jouer sur la fidélisation des talents. Fortune évoquait ainsi des «golden handcuffs», les salariés ayant intérêt à rester suffisamment longtemps pour bénéficier de l’acquisition progressive de leurs actions. Le taux de turnover de Nvidia était de 2,7% en 2023, selon la même source.
Jensen Huang, cofondateur et PDG de Nvidia, a lui-même affirmé en 2025 avoir créé davantage de milliardaires au sein de son équipe dirigeante que n’importe quel autre PDG. Deux cadres dirigeants, la directrice financière Colette Kress et le responsable des opérations mondiales Jay Puri, ont notamment franchi le seuil du milliard de dollars de patrimoine grâce à leurs participations dans Nvidia. La puissance financière de Nvidia continue par ailleurs de s’accroître. Pour le trimestre clos le 26 juillet 2026, le groupe a enregistré 96,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 59,7 milliards de dollars de bénéfice net, soit environ 648 millions de dollars de bénéfice net par jour sur la période. Le phénomène illustre un enjeu plus large du management des talents dans la tech: au-delà du salaire fixe, donner aux salariés une participation à la création de valeur peut transformer leur rémunération en patrimoine lorsque l’entreprise connaît une forte croissance. Cette logique commence aussi à dépasser le cercle des grands groupes technologiques cotés. En Europe, la plateforme Akka propose aux particuliers d’investir dans des startups et des entreprises non cotées à travers des véhicules d’investissement dédiés. Akka indique actuellement avoir plus de 3 000 investisseurs actifs, 25 millions d’euros investis et 34 entreprises dans son portefeuille. Les investissements démarrent à 300 euros par opération.
Les opportunités proposées sont opérées sous la licence de Blast Angels Europe SAS, prestataire européen de financement participatif agréé par l’Autorité des marchés financiers française sous le numéro FP-2024-9. L’AMF précise toutefois qu’un agrément ne constitue pas une incitation à investir et que les investissements dans les startups restent risqués. Akka affirme par ailleurs analyser plus de 5 000 entreprises par an et n’en retenir qu’une quinzaine environ après ses procédures de sélection et de due diligence. La plateforme rappelle elle-même que l’investissement dans les startups comporte notamment un risque de perte en capital et d’illiquidité.









