Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a présenté, lors de la 52ᵉ session de la Conférence arabe du travail se déroulant au Caire jusqu’au 20 septembre 2026, le projet de plateforme numérique que la Tunisie entend déployer d’ici la fin du mois pour la gestion du travail.
Cette plateforme s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’administration publique et vise, en premier lieu, à renforcer le suivi des interventions des inspecteurs du travail ainsi que la consolidation des principes du travail décent. Elle doit par ailleurs permettre de constituer un socle de données sociales fiables et régulièrement actualisées, destiné à faciliter l’élaboration de mesures préventives ou correctives adaptées à l’évolution du marché de l’emploi.
Un chantier législatif à trois volets
Le ministre a également fait état de l’avancement de plusieurs textes en préparation. Un premier projet de loi doit encadrer l’économie des plateformes numériques et des métiers digitaux, en conformité avec la Convention n° 193 de l’Organisation internationale du travail relative au travail décent dans ce secteur, adoptée en juin 2026 à Genève. Un second texte portera sur l’organisation du télétravail dans le secteur privé.
Issam Lahmar a en outre mentionné les travaux engagés pour anticiper les effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi, ainsi que l’intégration des risques liés aux changements climatiques dans les dispositifs de santé et de sécurité au travail, deux enjeux que la Tunisie souhaite désormais aborder de manière préventive.
Pour les entreprises, et en particulier pour les startups, cette clarification du cadre réglementaire applicable aux plateformes numériques, au télétravail et à l’intelligence artificielle contribue à réduire l’incertitude juridique entourant des formes d’emploi en expansion, un facteur généralement déterminant dans les décisions d’investissement et l’attractivité de l’écosystème technologique tunisien.


