Le choix du groupe allemand DELTEC d’étendre ses activités industrielles en Tunisie illustre le regain d’intérêt des industriels européens pour les capacités de production de proximité. Le groupe spécialisé dans les solutions d’assemblage électronique a repris le site tunisien du suisse Cicor situé à Borj Cédria et prévoit de développer ses activités industrielles dans le pays.
Cette opération intervient dans un contexte où les entreprises européennes cherchent à renforcer la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement. La proximité géographique avec l’Europe, l’expérience industrielle accumulée et la disponibilité de compétences techniques placent la Tunisie parmi les destinations adaptées à cette orientation, les groupes européens souhaitant, en effet, rapprocher une partie de leur production de leurs principaux marchés.
La Tunisie mise sur son expérience industrielle
L’attractivité industrielle tunisienne repose sur plusieurs décennies d’expérience dans des secteurs tournés vers l’export, notamment l’électronique, les composants automobiles, les industries mécaniques et électriques.
Le projet de DELTEC confirme l’intérêt des investisseurs pour un environnement capable d’intégrer des activités industrielles nécessitant des compétences techniques et une organisation répondant aux standards internationaux. Au-delà des coûts de production, les industriels recherchent désormais des partenaires disposant d’un savoir-faire local et d’une capacité à s’insérer dans des chaînes de valeur internationales.
Cette évolution correspond à une transformation progressive du positionnement industriel tunisien. Le pays cherche à passer d’un modèle principalement fondé sur la sous-traitance vers une offre davantage orientée vers les activités à plus forte valeur ajoutée.
Un enjeu stratégique pour attirer de nouveaux investissements
Pour la Tunisie, le développement du nearshoring représente une opportunité de renforcer son intégration dans l’industrie européenne. L’objectif est d’attirer davantage de projets capables de générer de l’activité industrielle durable et de favoriser le développement des compétences locales.
La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs: la qualité des infrastructures, l’adaptation des formations aux besoins des entreprises et la capacité à proposer un environnement favorable aux investisseurs.
Avec l’évolution des stratégies industrielles européennes, la Tunisie dispose d’un avantage lié à sa proximité géographique et à son savoir-faire. Le défi consiste désormais à transformer cet avantage en nouveaux projets industriels et en partenariats durables avec les groupes internationaux.


