La commission de l’investissement et de la coopération internationale du Conseil national des régions et des districts a examiné cinq projets de lois visant la réalisation de centrales photovoltaïques, dans le cadre de la stratégie nationale de transition énergétique.
Ces projets interviennent dans un contexte marqué par un déséquilibre structurel du secteur énergétique. Les ressources nationales en énergie primaire ont fortement reculé, passant de 8,3 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010 à 3,4 millions en 2025, tandis que la consommation reste élevée à 9,7 millions. Ce décalage a entraîné un déficit énergétique estimé à 65 %.
En parallèle, le déficit commercial énergétique a atteint 11 milliards de dinars en 2025, alors que les subventions à l’énergie dépassent 7 milliards de dinars, accentuant la pression sur les finances publiques.
Face à ces contraintes, les autorités misent sur le développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, afin de réduire la dépendance au gaz naturel et maîtriser les coûts de production. Les projets examinés concernent plusieurs régions du pays et reposent sur un modèle de production à coût compétitif, compris entre 100 et 112 millimes par kilowattheure, soit un niveau inférieur à celui de la production conventionnelle à base de gaz. Parmi les principaux projets figure la centrale photovoltaïque de Sagdoud (gouvernorat de Gafsa), avec un investissement estimé à 305 millions de dinars. Ce projet devrait permettre d’économiser près de 49 millions de dinars par an en coûts de production.
D’autres projets sont prévus dans les régions de Sidi Bouzid et Kébili, visant à renforcer la capacité de production nationale et à réduire les importations énergétiques.
La centrale de Khebna, d’une capacité d’environ 198 mégawatts et représentant un investissement de 500 millions de dinars, figure également parmi les projets structurants. Au-delà de leur impact énergétique, ces investissements devraient contribuer à la création d’emplois et au développement des régions intérieures. L’ensemble de ces projets s’inscrit dans une stratégie nationale visant à porter la part des énergies renouvelables à 50 % de la production d’électricité à l’horizon 2035. Les accords prévus, d’une durée pouvant atteindre 25 ans, visent à sécuriser les investissements et à renforcer l’attractivité du secteur.


