Ils sont près de 16 000 à traverser la Méditerranée chaque année pour étudier en France.
La Tunisie s’impose comme le premier pays africain à envoyer des étudiants en France. Mieux : elle figure au sixième rang mondial des pourvoyeurs d’étudiants étrangers vers l’Hexagone. Pour l’année universitaire 2024-2025, Campus France dénombre 15 949 inscrits tunisiens dans les établissements français, soit une hausse de 5 % en un an et de 22 % sur cinq ans.
Chaque rentrée, entre 5 000 et 5 500 nouveaux visas étudiants sont accordés par les services consulaires français aux candidats tunisiens. Une demande qui ne faiblit pas.
Ce flux d’étudiants n’est pas sans retombées financières. Dans les universités publiques françaises, un étudiant non européen débourse en moyenne 2 770 € par an en licence, et jusqu’à 3 770 € en master — des tarifs instaurés en 2019. Rapporté aux 16 000 étudiants tunisiens, le total des frais d’inscription atteint entre 45 et 60 millions d’euros annuels, malgré des exonérations accordées à certains profils.
Mais l’impact économique va bien au-delà des frais de scolarité. Logement, alimentation, transport: chaque étudiant étranger dépense en moyenne 9 000 € par an sur le sol français, selon les estimations de Campus France. Les Tunisiens, qui représentent environ 4 % des 443 500 étudiants étrangers recensés en 2024-2025, injecteraient ainsi quelque 200 millions d’euros dans l’économie française.
À l’échelle de l’ensemble des étudiants étrangers, l’apport brut dépasse les 5 milliards d’euros. Le solde net, après déduction des aides publiques, reste positif : 1,35 milliard d’euros selon Campus France.









