Un déchet plastique produit aujourd’hui ne se dégradera pas avant l’an 2450. C’est l’une des réalités les plus frappantes rappelées lors de la formation «Une fenêtre sur la Méditerranée», lancée ce mercredi 22 avril 2026 à l’IHEC Carthage. Organisée par le laboratoire ECSTRA en partenariat avec l’Académie de la Mer de Monaco, cette session de trois jours réunit une quarantaine d’étudiants, chercheurs et experts autour des enjeux maritimes et environnementaux.
C’est dans ce cadre qu’est intervenu Richard Sempéré, océanographe, géochimiste et directeur de l’Institut des sciences de l’océan de l’université d’Aix-Marseille. Dans sa conférence intitulée «État de santé des mers et océans», il a mis en lumière un chiffre qui donne le vertige: certains plastiques mettent jusqu’à 450 ans pour se dégrader dans l’environnement. Une bouteille jetée aujourd’hui sera encore présente dans les océans au milieu du XXVe siècle. «Ce qui est produit en 2025 va peut-être être dégradé en 2125, voire en 2425», a-t-il averti, soulignant que le problème des plastiques est avant tout «un problème d’échelle de temps». La lumière du soleil, la chaleur et les bactéries accélèrent la fragmentation en surface, mais les plastiques enfouis au fond des océans se décomposent bien plus lentement, libérant progressivement des microparticules et des substances chimiques toxiques dans l’environnement marin. Ce chiffre de 450 ans prend tout son sens quand on sait que depuis les années 1950, 9 milliards de tonnes de plastique ont été produites, et que 5 à 6 milliards de tonnes circulent encore aujourd’hui sur la planète. Le formateur a rappelé avec force que «le cœur du problème plastique est encore devant nous».


