Même si la transition énergétique mondiale est irréversible, la Tunisie met les bouchées doubles pour viser 30 à 35 % d’énergies renouvelables (solaire et éolien) dans son mix électrique d’ici 2030, et potentiellement 50 % d’ici 2035.
Cet objectif répond à une urgence économique et à un enjeu de souveraineté : chaque mégawatt produit réduit la dépendance aux importations, allège les charges de compensation et attire les investissements.
Dans ce cadre s’inscrivent les centrales solaires de Tozeur et de Sidi Bouzid, chacune d’une capacité de 60 MW, portées par Scatec (leader norvégien, coté SCATEC à Oslo, 6,2 GW gérés mondialement) et Aeolus SAS (filiale de Toyota Tsusho).
Attribuées via appel d’offres compétitif en 2019 et validées en 2021, elles entrent en exploitation commerciale en mars 2026. Leur production annuelle atteint 288 GWh d’électricité propre, alimentant des dizaines de milliers de foyers. Soutenues par un PPA de 30 ans avec la STEG, elles sont financées par des prêts sans recours de la BERD et de Proparco, des fonds concessionnels (Fonds pour les technologies propres, FEM) ainsi que des crédits carbone japonais (JCM).
Lors de l’inauguration à Tozeur (investissement de 135 millions de dinars), la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, a célébré le lundi 20 avril 2026 un projet qui renforce la sécurité énergétique nationale. Elle a déclaré à cette occasion : « L’énergie illumine nos vies, mais seules les énergies renouvelables sont propres et abordables. Imaginez un jour sans électricité : impossible ! La Tunisie avance avec fierté, de Kairouan à Tataouine, de Sidi Daoud à Gabès. Ce jalon à Tozeur fait de la région un modèle environnemental, alliant croissance et préservation. »
La ministre a mis en avant le rôle des investisseurs Scatec et Aeolus, des institutions tunisiennes, notamment la STEG, ainsi que des équipes impliquées, saluant leur professionnalisme. Elle a ajouté : « Vous, pionniers, transformez les idées en actes. »
Pour sa part, Maha Ben Hmidane, directrice de Scatec Tunisia, a présenté la centrale solaire de Tozeur (60 MW), couvrant la consommation de près de 40 000 personnes sur 100 hectares avec 95 000 panneaux, pour un investissement de 135 millions de dinars (norvégien-japonais). Elle a insisté sur le transfert de compétences aux talents tunisiens, contribuant au développement d’une expertise locale dans les énergies renouvelables.
Scatec inaugurera par ailleurs dans la journée du 21 avril 2026 la centrale de Sidi Bouzid (60 MW) et a été sélectionné pour deux centrales photovoltaïques de 100 MW (Tataouine et Sidi Bouzid) ainsi qu’une éolienne à Al-Fahs.
Le groupe emploie actuellement 90 personnes en Tunisie, avec un pic à 450 lors de la construction de Tozeur (sur une durée de 1 à 1,5 an), suivi d’environ 20 postes en exploitation et maintenance par projet, en plus des emplois indirects générés.
Sur le plan économique, ces projets permettent une réduction estimée à 13 millions de dollars des importations de gaz naturel (soit 1,2 % des volumes) et environ 8 millions de dollars d’économies en frais d’exploitation pour la STEG.
Ces premières réalisations de Scatec et Aeolus en Tunisie contribuent ainsi au développement de l’économie locale à travers la création d’emplois, le renforcement des infrastructures et la promotion du développement durable.
Avec d’autres projets en préparation à Gafsa ou Sidi Bouzid, la Tunisie entend s’appuyer sur une nouvelle vague d’investisseurs pour consolider sa position en matière de durabilité énergétique dans la région.









