L’Assemblée des représentants du peuple planche en ce moment sur un projet de loi inédit : encadrer officiellement la profession de conseiller fiscal. Une journée d’étude a été organisée pour en débattre avant le vote en plénière.
L’idée de départ est simple. Cette profession existe, elle joue un rôle concret, mais elle manque de cadre. Le texte veut y remédier: définir les missions, structurer l’activité, et renforcer la place du conseiller fiscal dans la relation entre le citoyen et l’administration.
Car ce métier compte. Le conseiller fiscal, c’est souvent l’intermédiaire qui aide les gens à s’y retrouver dans leurs obligations fiscales. Il sécurise les démarches, limite les erreurs, et contribue à plus de transparence. Tout le monde s’accorde là-dessus.
Mais les avis divergent dès qu’on entre dans les détails. Plusieurs intervenants ont tiré la sonnette d’alarme sur les risques de chevauchement avec les professions juridiques et comptables. Qui fait quoi ? Où s’arrête le conseiller fiscal et où commence l’avocat ou l’expert-comptable ? Ces questions n’ont pas encore de réponse claire dans le texte actuel.
Il y a aussi la question de la cohérence juridique. Le projet doit s’articuler avec les lois déjà en vigueur, sans créer de zones grises ni de conflits de compétences. Un chantier en soi.
Les députés, eux, insistent sur une chose : cette réforme ne peut pas se faire sans écouter tout le monde. Professionnels du secteur, juristes, comptables… Tout le monde doit avoir voix au chapitre. C’est à cette condition que le texte sera réellement applicable — et accepté.
En attendant, le projet reste en discussion. La direction est fixée : doter la Tunisie d’un cadre moderne pour la profession de conseiller fiscal. Mais avant d’arriver à la ligne d’arrivée, il reste encore du chemin.









