À Moknine, les pannes d’électricité pourraient bientôt appartenir au passé.

Jeudi 27 mars, officiels tunisiens et diplomates américains se sont réunis pour célébrer la mise en service d’un système que peu de pays africains possèdent: un réseau électrique intelligent, capable de détecter une panne, de l’isoler et de rétablir le courant, presque seul, presque instantanément.
Fini les heures d’attente dans le noir
Concrètement, ce que change ce projet pour les habitants et les entreprises de la région, c’est le rapport au temps. Avant, une coupure pouvait signifier des heures d’attente, le temps qu’une équipe se déplace, localise le problème et intervienne. Désormais, le système FLISR fait ce travail en quelques secondes. Il repère la panne, coupe uniquement la zone concernée et reroute automatiquement l’alimentation pour les autres.
Moins de noir. Moins d’attente. Moins de pertes pour les commerces et les ménages.

Six ans de travail, 15 millions de dinars
Derrière cette inauguration, il y a six ans d’efforts discrets. De 2020 à 2026, des ingénieurs tunisiens et américains ont travaillé ensemble: études techniques, formation des équipes de la STEG, installation des équipements. Le tout financé par le gouvernement américain, pour un budget total de 15 millions de dinars, dont 5 millions pour les équipements désormais opérationnels.
Trois entreprises américaines ont mis leurs technologies au service du projet: E3-International, Schweitzer Engineering Laboratories et G&W Electric. Nokia, de son côté, a fourni l’infrastructure de communication, un réseau LTE privé qui permet à la STEG de surveiller son réseau en temps réel, depuis une salle de contrôle, sans attendre qu’un technicien soit sur le terrain.
Moknine, laboratoire du futur?
Ce projet reste pour l’instant pilote. Moknine est le terrain d’expérimentation. Mais si les résultats sont au rendez-vous, l’ambition est claire: reproduire ce modèle à l’échelle nationale.
Pour un pays qui mise sur la transition énergétique, avoir un réseau capable d’absorber la variabilité des énergies renouvelables n’est pas un luxe. C’est une condition.









