Le secteur touristique en Tunisie pourrait bientôt changer de visage. Trois propositions de loi sont en discussion à l’Assemblée des représentants du peuple. Elles visent à mieux encadrer certaines activités et à ouvrir le tourisme à plus de monde.
Le 11 mars 2026, la commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat a organisé une séance pour entendre les porteurs de ces initiatives. Les échanges ont porté sur l’organisation des guides touristiques, la création d’un système national de tourisme social et la réglementation des locations d’appartements meublés.
Pour moderniser les guides touristiques, les auteurs du projet soulignent que les règles actuelles datent des années 1970 et ne collent plus à la réalité. Ils proposent des conditions plus strictes: une formation solide, une bonne connaissance de l’histoire et de la culture tunisiennes, ainsi qu’une maîtrise des langues étrangères. Ils veulent aussi mieux protéger les droits des guides. Lors des débats, les députés ont insisté sur le rôle des guides comme véritables ambassadeurs auprès des visiteurs étrangers. Mais une question clé est restée en suspens: s’agit-il juste d’ajuster la loi existante ou de la remplacer par un nouveau cadre?
Pour rendre le tourisme plus accessible, la deuxième idée introduit un système national de tourisme social. Les promoteurs expliquent que les prix élevés des hôtels et locations freinent les Tunisiens aux revenus modestes. Ils suggèrent que les établissements réservent une partie de leurs chambres à ces familles. Pourtant, plusieurs députés doutent de la faisabilité d’une obligation jusqu’à 30 pour cent de la capacité. Une alternative a émergé: motiver les hôtels par des incitations fiscales ou financières pour une participation volontaire.
Enfin, pour les appartements et maisons meublés loués aux touristes, l’objectif est clair: il s’agit de freiner la hausse des prix dans les zones prisées et de traquer les locations non déclarées qui échappent aux impôts. Le projet impose un cahier des charges précis aux propriétaires, un contrat écrit pour chaque location et un registre tenu par l’administration fiscale pour déclarer recettes et contrats. Les députés ont rappelé l’importance de bien séparer les locations privées occasionnelles des activités touristiques régulières.
À la fin de la séance, la commission a choisi de consulter davantage les professionnels et acteurs concernés pour peaufiner ces textes. L’orientation est nette: structurer le secteur, booster la transparence et bâtir un tourisme plus inclusif pour tous les Tunisiens.









