La Compagnie tunisienne de navigation a un problème qu’elle ne cache plus: une partie de sa flotte est vieillissante. Et pour y remédier, elle a un plan — ambitieux et coûteux.
Devant la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et districts, jeudi 5 mars 2026, les représentants de la CTN ont présenté un programme d’investissement inscrit dans le plan de développement 2026-2030. L’objectif: acquérir trois nouveaux navires pour un coût total estimé à 500 millions d’euros. Au programme, un navire mixte passagers-marchandises et deux porte-remorques.
Pourquoi c’est urgent? À l’exception du navire Tanit, la flotte actuelle accuse un retard technique qui pèse sur les coûts de maintenance et qui a causé, lors de certaines saisons, des retards et des pannes que les passagers n’ont pas oubliés. Les responsables de la compagnie l’admettent: des avaries imprévues peuvent immobiliser un navire, et le temps de se procurer les pièces de rechange, les délais s’accumulent.
Il y a aussi une pression réglementaire croissante. Les nouvelles normes environnementales internationales imposent une réduction des émissions gazeuses des navires. Les anciens bateaux coûtent cher à adapter. Les nouveaux, eux, sont conçus pour consommer moins et polluer moins, un argument économique autant qu’écologique.
Le défi du financement. Avec un capital d’environ 126 millions de dinars et une concurrence étrangère agressive sur ses lignes principales vers la France et l’Italie, la CTN devra trouver comment financer un tel programme. L’État détient 86,2% du capital de la compagnie, le reste appartient à des personnes morales publiques. Le renouvellement de la flotte sera donc, en grande partie, une décision politique autant qu’industrielle.
En attendant, la compagnie assure que des opérations de maintenance préventive sont menées régulièrement pour limiter les incidents. Pour l’été 2026, 149 traversées sont programmées avec une capacité de 433 000 passagers. Le test grandeur nature approche.


