Le divorce est consommé. Le 23 janvier 2026, Afreximbank a officiellement claqué la porte de l’agence de notation Fitch Ratings. Le motif? Une “incompréhension totale” du fonctionnement de la banque panafricaine par l’agence de notation. Pour l’institution basée au Caire, Fitch ne parlait tout simplement plus la même langue qu’elle.
Un dialogue de sourds
Afreximbank n’a pas mâché ses mots: elle reproche à Fitch une méthodologie rigide, incapable de saisir les subtilités de son mandat et de son cadre légal unique. En clair, la banque estime que ses spécificités — son statut de créancier privilégié et son rôle essentiel dans le développement du commerce en Afrique — étaient systématiquement sous-estimées.
Ce n’était pas un coup de tête, mais l’aboutissement de longs mois de tensions. Afreximbank contestait vigoureusement la manière dont Fitch évaluait son exposition aux risques des États africains, jugeant l’approche de l’agence déconnectée de la réalité du terrain.
Le “cadeau d’adieu” de Fitch La réponse du berger à la bergère n’a pas tardé. Le 28 janvier, quelques jours seulement après l’annonce de la rupture, Fitch a frappé un grand coup en dégradant la note de la banque à BB+. Ce basculement dans la catégorie “spéculative” (non-investment grade) a été immédiatement suivi d’un retrait définitif de ses notations, faute de mandat.
Pour justifier cette décision, Fitch a pointé du doigt l’implication d’Afreximbank dans des dossiers chauds, comme la restructuration de la dette du Ghana, y voyant un signal d’alarme sur la solidité des protections de la banque contre les défauts de paiement.









