La Tunisie figure parmi les 19 pays africains présentant un risque élevé de surendettement, selon Afreximbank dans son rapport de février 2025. Si la situation n’est pas encore irréversible, elle impose une vigilance de chaque instant.
L’AAMFI déploie un «radar» anti-crise
Face à l’urgence, l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI) a lancé, le 29 janvier 2026, un système d’alerte précoce. Ce projet n’est pas le fruit du hasard. Il est né des leçons douloureuses tirées des crises au Ghana et en Zambie.
Dans ces deux pays, l’absence de prévention a transformé la dette en un véritable bourbier financier. Sans mécanisme d’alerte, les renégociations virent souvent à la bataille juridique interminable, paralysant l’économie et pénalisant aussi bien l’État que ses créanciers.
Détecter l’incendie avant qu’il ne se propage
Le concept est simple: agir avant qu’il ne soit trop tard. Ce nouveau dispositif fonctionne comme un “radar financier” qui surveille des indicateurs clés comme le ratio $Dette/PIB$ ou la capacité de l’État à générer des revenus. L’objectif est triple:
- Alerter les gouvernements dès les premiers signes de dérapage.
- Coordonner l’aide technique et financière en amont.
- Éviter les bras de fer brutaux lors des restructurations de dettes.
Et pour la Tunisie?
Le constat de l’Afreximbank est sans appel: si neuf pays (comme le Soudan ou le Zimbabwe) sont déjà en situation de surendettement critique, la Tunisie se situe dans la “zone orange”.
Le message est clair: nous disposons encore d’une marge de manœuvre, mais le droit à l’erreur s’amenuise. Éviter la zone rouge dépendra de notre capacité à utiliser ces nouveaux outils pour ajuster nos politiques économiques en temps réel.









