Nous avons désormais le coût de la compensation supporté par l’Etat durant le premier semestre 2024. Ce chapitre a consommé 2 810 Mtnd en six mois, contre 2 961 Mtnd jusqu’à fin juin 2023 et 11 667 Mtnd budgétisés pour l’ensemble de l’année 2024. Pour comprendre l’importance de ce montant, il suffit de retenir que sur la même période, les impôts sur les sociétés ont totalisé 2 868 Mtnd.
Les matières alimentaires de base ont mobilisé des subventions de 422 Mtnd, contre 324 Mtnd sur la même période en 2023. L’enveloppe des carburants s’est élevée à 2 051 Mtnd (2 278 Mtnd au premier semestre 2023), contre 337 Mtnd au profit des sociétés de transport (359 Mtnd en 2023). A ce rythme, les dépenses effectivement payées pourraient être inférieures aux attentes, contribuant à réduire les besoins de financements extérieurs ainsi que le déficit budgétaire.
Néanmoins, même si nous défendons le maintien des subventions des matières alimentaires, nous pensons que celles des carburants doivent être réduites. Le coût est exorbitant. Tant que l’Etat prend en charge la facture, les entreprises et les particuliers continueront à retarder le déclenchement de leurs transition énergétique. Pourquoi ne pas allouer même 20% de cette enveloppe à un programme pour subventionner les entreprises qui passent à l’énergie propre? Cela nous donne dans les 1 500 Mtnd en moyenne par an qui seront mis dans ce domaine prioritaire.
Certes, il y a un coût à payer par le consommateur qui va remplir le réservoir de sa voiture plus cher. Il est temps qu’il comprenne aussi que la situation actuelle lui coûte sa santé et augmente en continu les prix de tous les autres produits et services qu’il consomme. Il ne faut pas regarder à très court terme car ce type de raisonnement nous bloquera encore sur tous les plans.









