
La solution est-elle leur traduction en justice et leur emprisonnement, compte tenu des crimes commis ? Dans quelle mesure leur intégration dans la société est-elle possible par la repentance et le pardon ? Qu’est-ce qui garantit que certaines d’entre elles ne commettront pas de nouveaux crimes terroristes ? Comment traiter les enfants élevés au milieu des armes, des combats, de la violence et de l’extrémisme ?
Taïeb Baccouche, SG de l’UMA, convient qu’il n’est pas facile de répondre à ces questions inspirées du retour des femmes des foyers de tension car “la prise en compte des aspects humanitaires, psychologiques et de réhabilitation ne doivent pas occulter le droit de la société à la sécurité et à la prévention de l’extrémisme violent ainsi que le terrorisme sous toutes ses formes”.
Les 700 femmes de la filière djihadiste
Un sujet délicat et épineux, à la limite du tabou, alors qu’il montre que les femmes tunisiennes, considérées comme les plus ‘libérées’ en termes de droits et d’acquis juridiques, semblent être les plus impliquées dans les zones de conflits. Selon les chiffres, elles seraient environ 700 dans la filière djihadiste syrienne. Parmi les retours en Tunisie estimés entre 1000 et 1200, elle représenteraient de 25% à 30%, dont 3% à 4% enceintes et mères d’enfants.
Côté profil, la tranche d’âge la plus représentative est de 20 à 30 ans, le niveau est plutôt universitaire et niveau baccalauréat qu’enseignement de base. Certaines appartiennent à des catégories socio-économiques pauvres mais d’autres appartiennent à la classe moyenne et même d’un niveau confortable.
Les motifs des départs se résument en deux grandes raisons : accompagner le conjoint en terre de djihad et de stricte observance à la Chariâa ; et des raisons financières.
Pour le retour, la grande majorité a pris contact avec les autorités tunisiennes sous la pression de la famille. Côté encadrement après le retour, c’est la famille qui constitue la première structure qui accompagne ces femmes dans leur réintégration. La première période est généralement aussi pénible pour ces femmes que pour leurs familles. Dans tous les cas, la prise en charge psychologique et sociale des enfants endoctrinés fait partie des procédures.
Sur le terrain, la question est loin d’être tranchée et, selon Taïeb Baccouche, le problème est complexe et nécessite une grande collecte de données alors que l’étude a également souligné le lien avéré entre terrorisme, contrebande et autres actes criminels.
C’est également l’avis de Henrik Meyer, représentant résident de la Friedrich Ebert : “Nous avons entamé il y a plus de trois ans cette étude car il était clair qu’après les conflits, les périls ne sont pas finis, et nous devons nous apprêter à les traiter”.








