Thomas Cook, l’un des principaux tour-opérateurs européens qui desservent la Tunisie a annoncé hier soir qu’il a pris la décision d’entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat. La société britannique s’est lancée dans une course contre la montre pour tenter de lever 200 millions de livres indispensables pour son plan de sauvetage, mais elle n’a pas réussi à les collecter.
Ce montant devrait s’ajouter aux 900 millions de livres que la société a obtenus après de longues négociations. Elle a décroché un accord fin août qui englobe une injection de 450 millions de livres par le Chinois Fosun en contrepartie de participations de 75% dans le tour opérateur et de 25% dans sa compagnie aérienne. En parallèle, les autres créanciers vont injecter le même montant contre 75% de la compagnie aérienne et 25% du tour-opérateur.
Le tour opérateur a souffert de la très forte concurrence des plateformes électroniques qui ont lourdement pesé sur ses marges. Le Brexit, la hausse du prix du kérosène et la vague de chaleur de la fin d’été qui a amené les gens à rester chez eux ont enfoncé le clou.
Maintenant, c’est à la charge de Civil Aviation Authority de prendre en charge le rapatriement de quelques 150 000 Britanniques en vacances à l’étranger, y compris la Tunisie.
Dans les différents documents et rapports qu’elle publie, la société n’indique pas le nombre de touristes qui choisissent la Tunisie comme destination. Mais plusieurs sources parlent de dettes envers les hôteliers tunisiens de l’ordre de 70 millions d’euros. Ce n’est pas peu pour un secteur qui suffoque déjà. Cet accident est une opportunité pour repenser sérieusement la stratégie de notre tourisme. L’hiver 2020 serait très chaud pour le prochain ministre.