Selon le rapport des Nations Unies intitulé « Economic Development in Africa Report 2024 », l’Afrique doit adopter une approche multidimensionnelle pour renforcer sa résilience face aux chocs politiques, économiques, climatiques et technologiques. Le rapport souligne la nécessité de politiques collaboratives et adaptatives, combinant gestion des risques et intégration économique régionale. Les vulnérabilités structurelles, exacerbées par des infrastructures fragiles et une dépendance aux matières premières, exigent une réponse coordonnée. Les gouvernements africains sont encouragés à améliorer leur préparation aux crises, à optimiser les systèmes financiers et à promouvoir des mécanismes de stabilisation monétaire, comme des exigences de liquidité ajustées aux risques. Parallèlement, l’industrialisation et la fabrication locale, soutenues par des incitations fiscales et des prêts à faible taux, pourraient dynamiser les marchés régionaux et réduire la dépendance aux fluctuations globales.
L’intégration économique régionale, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), est un levier clé pour transformer les défis en opportunités. Le rapport préconise la création de fonds régionaux pour gérer les risques commerciaux, développer des systèmes d’alerte précoce et financer des chaînes d’approvisionnement résilientes. Des plateformes public-privé pourraient faciliter l’accès des PME à des instruments financiers sophistiqués (produits dérivés, assurances) et à des infrastructures de marché robustes (chambres de compensation, systèmes de règlement). Ces mesures visent à attirer les investisseurs et à sécuriser les transactions transfrontalières, tout en alignant les stratégies de gestion des risques des entreprises sur les accords commerciaux continentaux.
Les PME africaines, cœur de l’économie locale, doivent institutionnaliser des pratiques de gestion des risques adaptées à leurs capacités. Les Nations Unies recommande des lignes directrices contextualisées, combinées à un appui réglementaire et technologique. L’adoption de normes de gestion des risques, couplée à des unités dédiées au sein des banques centrales pour superviser les innovations financières, permettrait de mieux anticiper les chocs. En outre, des facilités de financement d’urgence aideraient les entreprises à pivoter vers les marchés régionaux en cas de perturbations globales, préservant ainsi les emplois et stabilisant les exportations.
Le rôle des partenaires internationaux et des organisations est crucial pour partager les meilleures pratiques et soutenir la mise en œuvre de ces recommandations.Le rapport appelle à un renforcement des coopérations techniques et financières, notamment pour développer des systèmes de reporting fiscal transparents et des outils de surveillance des vulnérabilités. En synergie avec le secteur privé, ces actions pourraient consolider la stabilité macroéconomique, optimiser les marchés régionaux et offrir un avenir plus sûr aux économies africaines face à la polycrise mondiale.