La Chine a rejeté la demande de l’Union européenne visant à limiter volontairement ses exportations de voitures hybrides vers le marché européen, selon le Financial Times. Ce refus intervient alors que Bruxelles et Pékin tentent, dans l’urgence, d’éviter une nouvelle escalade commerciale autour de l’automobile et du déséquilibre des échanges.
Le dossier est désormais au cœur des négociations commerciales menées à Pékin par le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. Bruxelles cherche à obtenir des engagements concrets de la Chine pour réduire la pression exercée par les importations chinoises sur l’industrie européenne. La demande européenne portait notamment sur un plafonnement des ventes de voitures hybrides chinoises autour de 15% du marché européen. L’enjeu est devenu plus sensible depuis que les droits compensateurs européens sur les véhicules électriques chinois, appliqués à partir d’octobre 2024, ont contribué à déplacer une partie de la dynamique commerciale vers les véhicules hybrides, qui n’étaient pas concernés par ces mesures. Pékin avait déjà rejeté publiquement le principe d’une limitation volontaire de ses exportations. En septembre, le ministère chinois du Commerce avait estimé que de telles restrictions seraient contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et aux principes de concurrence. Il avait appelé l’UE à respecter l’ouverture des marchés et à créer un environnement équitable pour les entreprises étrangères.
Pour Bruxelles, le problème dépasse désormais le seul secteur automobile. L’UE cherche à réduire un déficit commercial avec la Chine, qui a atteint 360,6 milliards d’euros en 2025, selon les données citées par Reuters. La Commission européenne estime que l’augmentation des exportations chinoises dans plusieurs secteurs – véhicules, batteries ou produits chimiques notamment – alimente une nouvelle pression sur l’industrie européenne. La réponse européenne pourrait donc prendre une autre forme. Face au refus chinois, la Commission envisage désormais un mécanisme européen unilatéral permettant de plafonner les importations de véhicules hybrides chinois, notamment via un dispositif de sauvegarde. Selon le Financial Times, Bruxelles chercherait à maintenir les importations autour de 15% du marché européen, contre plus d’un tiers actuellement.
L’affaire est stratégique pour les constructeurs des deux côtés. Pour les groupes chinois, l’Europe reste un marché majeur à un moment où ils cherchent à accélérer leur internationalisation. Pour les constructeurs européens, la progression des marques chinoises renforce la pression sur les prix, les parts de marché et les capacités industrielles.









