La fintech Spiko vient de lever 90 millions de dollars en série B, dans un tour mené par New Enterprise Associates (NEA). Cette nouvelle opération porte à 120 millions de dollars le montant total levé par la société depuis sa création. L’objectif est désormais clair : lancer de nouveaux fonds, pénétrer de nouveaux marchés européens et renforcer les équipes locales.
Fondée autour d’une idée simple — permettre aux entreprises et aux particuliers de mieux rémunérer leurs liquidités sans renoncer à leur disponibilité — Spiko développe des fonds monétaires tokenisés. Ses produits sont accessibles via ses applications web et mobile, mais peuvent également être intégrés aux offres de plateformes financières grâce à une API. Les fonds sont disponibles en euros, dollars, livres sterling et francs suisses.
La croissance enregistrée par la fintech explique en partie l’intérêt des investisseurs. Spiko revendique aujourd’hui 2,7 milliards de dollars d’actifs sous gestion, contre environ 400 millions de dollars en juillet 2025, ainsi que plus de 10 000 entreprises et particuliers clients dans plus de 25 juridictions. Le modèle repose sur la tokenisation de fonds réglementés. Les parts sont enregistrées sur des blockchains publiques, ce qui permet à Spiko de proposer des retraits instantanés et de construire une infrastructure où la gestion de trésorerie peut être automatisée. Pour une entreprise, l’enjeu est notamment de pouvoir conserver les liquidités nécessaires aux salaires et aux fournisseurs tout en plaçant automatiquement l’excédent disponible. Ces règles peuvent être pilotées via l’API de Spiko, un logiciel de gestion de trésorerie ou, à terme, un agent d’intelligence artificielle.
La prochaine phase sera surtout européenne. Spiko prévoit de constituer des équipes locales en Allemagne, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas et dans les pays nordiques, tout en développant de nouveaux produits. La fintech est aujourd’hui implantée à Paris et à Londres. Parmi les investisseurs du nouveau tour figurent notamment Index Ventures, Bpifrance, Speedinvest, Flourish Ventures, White Star Capital, Blockwall, Frst, EQNX, Mirana Ventures et Wintermute Ventures. Plusieurs investisseurs individuels ont également participé, dont Axel Weber, ancien président de la Bundesbank, ainsi que les fondateurs de Qonto.
Pour Spiko, cette levée intervient alors que la gestion de trésorerie évolue rapidement : les entreprises cherchent à mieux utiliser leurs liquidités, tandis que la blockchain et les outils d’automatisation ouvrent la voie à une gestion continue plutôt que limitée aux horaires traditionnels des marchés et des systèmes bancaires.







