La sixième édition du prix littéraire de la Fondation Abdelwaheb Ben Ayed (FABA), remise le 27 septembre 2026, à Gammarth, met en lumière la vitalité du roman tunisien en arabe et en français.
Entre originalité des thèmes, ancrage local et niveau élevé des manuscrits, le jury a eu «beaucoup de mal» à établir sa short-list et à désigner les lauréats. Le jury, composé d’universitaires, d’enseignants et d’acteurs culturels, a été constitué avec un souci d’équilibre entre genres et générations, associant voix expérimentée et regards plus récents, dans une dynamique de débats croisés entre littérature arabe et littérature française. Parmi les membres du jury figurent Hend Soudani, universitaire et professeure de littérature, ainsi que Raouf Medelgi, enseignant de français, acteur culturel et écrivain. Concernant les critères de sélection, la présidente du jury Samia Kassab Charfi insiste sur l’importance de la lecture, présentée comme une “nécessité de santé mentale”. Le jury a examiné un nombre important d’ouvrages, retenant avant tout l’originalité, la force de la création littéraire, la capacité du livre à captiver le lecteur ainsi que la modernité de l’écriture.
Des short-lists mises en avant
Cette année, le prix s’est concentré sur deux catégories principales: le roman en langue arabe et le roman en langue française, avec trois finalistes dans chacune.
Roman en langue arabe (3 finalistes)
القلادة الروسية — Mohamed Issa Almouaddab
كوميديا الجنائز — Sofien Rjab
حلم الحلزون — Aymen Daboussi
Lauréats: Mohamed Issa Almouaddab et Sofien Rjab
Roman en langue française (3 finalistes)
L’Aube poindra aux heures prochaines: Taha Laghmani (Éditions Demeter)
Abba Abba, la pierre de convoitise: Soufiane Ben Farhat (Éditions Arcadia)
La Maison qui parle: Zouhaïr Ben Amor (Contraste Éditions)
Lauréats: Soufiane Ben Farhat et Zouhaïr Ben Amor.
Les lauréats des deux catégories ont été proclamés lors de la cérémonie du 27 septembre 2026, chacun recevant un prix de 10 000 dinars. Raouf Medelgi souligne que la particularité de cette édition réside dans la qualité des romans reçus, «assez prometteurs» tant sur le plan du style que de l’histoire et des spécificités de l’écriture. «C’était très difficile de les départager», explique-t-il, notant que le jury a eu «beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal» à établir la short-list et à désigner un gagnant.
Pour arriver à ces six romans finalistes, le jury a examiné 16 romans en français et 12 romans en arabe, “ tous méritants”.
Ancrage tunisien et originalité des thèmes
Hend Soudani relève, pour les romans en langue arabe, des thématiques originales: traitement des minorités, références au théâtre, éléments mythologiques. Du côté des romans en français, le jury a noté une forte «localisation» des récits: Takrouna chez Sofiane Ben Farhat, Zahra chez Zouhaïr Ben Amor, etc. Cette écriture de l’histoire tunisienne, sur des lieux précis, donne une visibilité internationale à la Tunisie tout en traitant de thèmes universels. Interrogée sur une phrase ou un mot-clé résumant cette édition, Hend Soudani propose “diversité, ancrage tunisien et originalité”. Raouf Medelgi, pour sa part, qualifie cette édition en trois mots: “passionnante, agréable et prometteuse”. Au final, cette sixième édition des prix FABA illustre non seulement la richesse de la production littéraire tunisienne, mais aussi le rôle essentiel du livre dans l’éducation, la formation de l’esprit critique et le développement culturel.









