La Tunisie veut mieux capter les financements internationaux dédiés au climat pour financer des projets capables de réduire la vulnérabilité de l’agriculture, des ressources en eau et des activités maritimes face aux effets du changement climatique.
Cette orientation était au cœur d’une séance de travail tenue le 23 septembre 2026 sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat (GCF) et du Fonds de réponse aux pertes et préjudices (FRLD), ainsi que sur les conditions d’accès à leurs financements.
L’enjeu est désormais de passer de l’identification des besoins à la constitution d’un portefeuille de projets suffisamment préparés pour être financés. Le ministère prévoit ainsi de sélectionner et de hiérarchiser des projets selon leur priorité, leur niveau de préparation et leur conformité aux critères des fonds internationaux.
Transformer les besoins en projets finançables
Les secteurs concernés sont directement exposés aux effets du dérèglement climatique : hausse des températures, baisse des précipitations, sécheresses, vagues de chaleur et inondations. Ces phénomènes accentuent la pression sur les ressources en eau et l’irrigation, les terres agricoles, les parcours et l’élevage, mais également sur les forêts, les écosystèmes marins, la pêche et l’aquaculture.
Dans ce contexte, les financements recherchés doivent soutenir des projets concrets d’adaptation, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de prévention ou de réponse aux pertes et dommages climatiques.
Le ministère insiste également sur la nécessité de fonder les projets sur des données scientifiques et des études techniques. L’objectif est notamment de mieux transformer les résultats de la recherche en projets opérationnels, avec des objectifs, des coûts et des modalités de mise en œuvre suffisamment définis pour répondre aux exigences des bailleurs.
Un rôle important est attribué à l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), présentée comme une structure nationale accréditée auprès du Fonds vert pour le climat. Elle doit contribuer à la mobilisation des financements et accompagner les structures publiques ainsi que les porteurs d’idées dans la préparation de projets répondant aux critères des mécanismes internationaux.
La prochaine étape consiste à élaborer une portefeuille national de projets de financement climatique. Celui-ci devra notamment intégrer des notes conceptuelles et classer les projets en fonction de leur urgence, de leur maturité et de leur capacité à obtenir un financement.
Le ministère souhaite aussi renforcer les projets consacrés à la pêche maritime et à l’aquaculture, secteurs jugés particulièrement exposés aux changements climatiques. Parallèlement, il appelle à améliorer les systèmes de données, d’évaluation et d’analyse des pertes et dommages afin de disposer d’une base plus solide pour orienter les investissements.








