Le câble sous-marin Africa Coast to Europe (ACE) va renforcer sa capacité de transmission de données. Son consortium a choisi l’équipementier américain Ciena pour moderniser l’infrastructure, avec une capacité qui doit dépasser 30 Tb/s.
Cette opération repose sur la modernisation des équipements qui exploitent le câble existant, et non sur le remplacement de l’infrastructure sous-marine. Ciena déploiera notamment sa plateforme 6500 et sa technologie optique WaveLogic 6 Extreme afin d’augmenter la quantité de données transportées tout en limitant les perturbations sur le trafic existant. « Les liaisons internationales favorisent la croissance économique, l’inclusion numérique et l’adoption du cloud en Afrique », a déclaré Philippe Recco, président du comité de gestion d’ACE. Selon Ciena, la modernisation doit renforcer une liaison à haut débit desservant une zone de plus de 500 millions de personnes.
Mis en service en décembre 2012, ACE relie aujourd’hui 20 pays et 18 stations d’atterrissement. Le système s’étend sur environ 17 000 km, après une extension vers l’Afrique du Sud achevée en 2021. Cette dernière avait porté sa capacité de conception à 20 Tb/s, contre 12,8 Tb/s auparavant. Le renforcement intervient alors que la croissance du trafic Internet, du cloud et des services numériques accroît les besoins en capacité internationale. Pour plusieurs marchés d’Afrique de l’Ouest, notamment la Gambie, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, ACE constitue une infrastructure importante pour les connexions avec l’Europe.
Cette modernisation intervient aussi dans un contexte où la résilience des câbles sous-marins reste un enjeu stratégique. En mars 2024, une coupure ayant touché plusieurs câbles en Afrique de l’Ouest avait fortement perturbé les connexions dans plusieurs pays. Au Ghana, l’autorité nationale des communications avait alors fait état d’une perte de 1 596,6 Gb/s de capacité Internet. L’UIT rappelle que les câbles sous-marins transportent plus de 99 % des échanges internationaux de données et restent exposés notamment aux activités humaines, comme la pêche et l’ancrage, ainsi qu’à certains phénomènes naturels.









