Les États membres de l’Union européenne soutiennent l’attribution de plus de quotas gratuits de carbone aux industriels lourds afin de mieux protéger les entreprises confrontées à une concurrence mondiale difficile et à la hausse des coûts de l’énergie. Les bénéficiaires comprendraient les producteurs de produits chimiques, les entreprises de transformation des métaux ainsi que les fabricants de céramique et de verre.
Il s’agit d’accorder aux industries 121 millions de quotas de CO₂ gratuits supplémentaires sur la période 2026-2030, sur la base de leur production de chaleur et de leur consommation de combustible. Cela pourrait leur permettre d’économiser environ 8,25 milliards d’euros en coûts carbone.
Pour rappel, l’objectif affiché du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières est de supprimer progressivement ces mêmes quotas gratuits pour les industriels européens d’ici à 2034 afin d’instaurer une concurrence équitable. Le fait que l’UE élargit ces protections temporaires montre la difficulté de sevrer ses industries. Pour la Tunisie, dont l’UE est le premier partenaire commercial et qui compte des secteurs fortement exposés, cela signifie que les règles du jeu européennes restent extrêmement strictes et mouvantes.
Les industriels tunisiens qui exportent vers l’Europe risquent de se trouver doublement pénalisés. D’un côté par la taxe carbone croissante aux frontières de l’UE, et de l’autre par un retard de compétitivité technologique et énergétique. Cela renforce l’urgence d’accélèrera sa transition énergétique pour réduire l’empreinte carbone intrinsèque de ses produits et minimiser le montant des taxes douanières européennes liées au MACF. Le prix officiel d’un certificat MACF est de 75,28 € par tonne de CO₂ pour le deuxième trimestre 2026. Ce n’est pas rien.









