La filière avicole tunisienne encaisse un double choc. Aux pertes structurelles du secteur des œufs s’ajoutent les séquelles d’un épisode caniculaire meurtrier pour le cheptel.
Cet été, chaleur extrême et coupures d’électricité ont fait des ravages chez les éleveurs de volailles de chair. Selon la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, le cumul de ces deux facteurs a anéanti près de 2 100 tonnes de production, environ 13 % du volume national. En cause : des installations de ventilation et de refroidissement rendues inopérantes par les délestages, avec dans certains élevages un matériel purement et simplement hors d’usage.
Les œufs, victimes d’une chaîne de valeur déséquilibrée
Côté œufs de consommation, la crise est plus structurelle. Le déséquilibre financier est intenable : produire un œuf coûte aujourd’hui 220 millimes à la ferme, alors que les quatre œufs se vendent seulement 840 millimes au même stade, un prix qui pousse les éleveurs à vendre à perte. En bout de chaîne, le détail grimpe pourtant à 1 200 – 1 400 millimes les quatre œufs. Il est en ce sens vital pour la filière que la production soit encadrée via des mécanismes de quotas.
Cette double fragilité, climatique et tarifaire, ouvre un espace pour les solutions d’adaptation : ventilation autonome, groupes électrogènes de secours, isolation thermique des bâtiments d’élevage. Un créneau à fort potentiel pour les fournisseurs d’équipements et les investisseurs prêts à sécuriser une filière stratégique pour l’approvisionnement alimentaire du pays.









