À 49 ans, Adel Hajji dirige aujourd’hui un boutique-hôtel de luxe à Majorque. Mais son parcours dans l’hôtellerie a commencé bien plus tôt, à 16 ans, comme animateur saisonnier. Entre ses débuts sur le terrain, ses études en Allemagne et en France et ses expériences avec de grands groupes internationaux, il a construit une carrière fondée sur la mobilité, la formation et des objectifs professionnels précis.
Originaire de Siliana, il travaille aujourd’hui en Espagne, après avoir exercé en Tunisie, au Portugal, en Allemagne et dans plusieurs destinations touristiques internationales. Il a commencé comme animateur saisonnier. Ce premier contact avec le secteur lui fait rapidement comprendre qu’il souhaite en faire une carrière. À 19 ans, il part en Allemagne pour poursuivre ses études, puis complète sa formation en France. En 2000, il obtient un diplôme en management hôtelier international. La maîtrise de six langues devient ensuite un véritable levier professionnel. Il rejoint le groupe RIU et commence sa carrière internationale aux Canaries et à Madère dans les relations clients.
Son parcours se poursuit avec le groupe TUI, avec lequel il participe notamment au déploiement du concept Sensimar en Tunisie et au Portugal. Cette expérience lui permet de travailler sur le positionnement des établissements, l’expérience client et le management d’équipes internationales. À Majorque, il prend ensuite la direction du TUI Blue Rocador, qu’il dirigera pendant sept ans. Il y développe une expertise particulière dans le rebranding hôtelier, la transformation de l’expérience client et la gestion d’équipes multiculturelles. Aujourd’hui, il est directeur général d’un boutique-hôtel de luxe situé à proximité de parcours de golf réputés à Majorque.
Une carrière construite autour d’objectifs
Son évolution professionnelle repose aussi sur une méthode personnelle: se fixer des objectifs à chaque étape. Devenir directeur adjoint à 30 ans, directeur général à 40 ans puis diriger un établissement cinq étoiles avant 50 ans: ces objectifs ont structuré son parcours. À l’approche de ses 50 ans, un nouveau cap se dessine désormais: accéder à une fonction de directeur régional et superviser plusieurs établissements.
Même installé en Espagne, Adel Hajji garde un intérêt particulier pour le tourisme tunisien. Son expérience internationale lui donne un regard comparatif sur les modèles touristiques et leurs limites. Il estime notamment que la Tunisie doit progressivement réduire sa dépendance au modèle «all-inclusive», afin d’augmenter la valeur générée par chaque visiteur et de mieux faire profiter les territoires de l’activité touristique. Pour lui, le patrimoine constitue également un levier encore insuffisamment exploité. El Jem, Djerba et d’autres sites historiques pourraient davantage être intégrés dans les parcours proposés aux visiteurs. La montée en gamme passe aussi, selon lui, par des fondamentaux: renforcer la formation professionnelle, améliorer la qualité du service et accorder davantage d’attention à la propreté.


